ËTABUSSENENTS FRANÇAIS EN AFRIQUE
la Porte et, par suite, avec les pachas d'Alger, iavorisèrent 1 établissement et les progrès du Bastion de France, bâti au nord-est de Bone et centre principal du commerce français, qui fut plus tard transporté à la Calle, à cause de Tayantage que présentait la disposition des lieux.
La Calle, située à quatre cent soixante-cinq kilomètres à Test d'Alger, sur un roc entouré presque complètement par la mer, s'agrandit bientôt et devint, grâce à Tinfluence du commerce français, un établissement important dans ses jours de prospérité ; car, exposée à être ruinée par les tribus qui l'entouraient ou par les Turcs d'Alger chaque fois qu'il y avait une rupture avec le gouvernement français, elle eut ses bons et.ses mauvais jours. Elle comptait un grand nombre de beaux magasins, des quais, une église, un hôpital, un lazaret, quatre postes militaires, quatre bastions armés de canons, enfin tout ce qui pouvait être nécessaire à l'approvisionnement et à la défense d'une ville de deux mille âmes. Une reconnaissancejpoussée dès mars 1831 vers cette ville a permis de constater son étendue et sa situation. « A cette époque, dit la relation officielle, la Calle ne présentait que des masures abandonnées et inhabitables. Les batteries avaient beaucoup souiïert, cependant quelques merlons éteient restés intacts. La tour du Moulin, construite sur une hauteur isolée et munie de retranchements, était seule dans un assez bon état de conservation. Il n'est pas inutile de faire remarquer que, si le poste de la Calle était rétabli, il ne serait plus aussi nécessaire de fortifier la presqu'île sur laquelle il est bâti, et dont les principales défenses étaient tournées contre les atteques par mer des corsaires algériens ou tunisiens^. »
Ces détails topographiques jettent, ce senible, une assez vive lumière sur la nature de nos établissements sur la côte septentrionale de l'Afrique . Leur origine éteit commerciale; mais, comme dans le pays où ils étaient situés on ne pouvait trouver quelque
* Tableau des étahlissenients français en Afrique, publié par le ministère de la guerre en 1858. Voir les pages 98 et suivantes.
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m HISTOIRE DE LA CONQUÊTE D^ÂLGEtt.
sécurité qu'à Tabri de la force, il fallut de bonne heure fortiner nos comptoirs, de même qu'on arme les caravanes, et les populations indigènes, qui trouvaient avantage à échanger leurs produits arec nous, n'y mirent point obstacle. Quand les armes des sultans de Constantinople parurent dans ces contrées, la Porte reconnut nos établissements, dont un long usage avait déjà fait un droit. Les Turcs venant à dominer en Algérie avec les Barberousse, qui proclamèrent la suzeraineté du Grand Seigneur sur ces parages, les capitulations ou traités que nos rois signèrent avec la Porte Ottomane, à partir du règne de François 1**, s'étendirent moralement sur ces contrées soumises, sinon toujours de fait, au moins de droit, au gouvernement du Grand Seigneur. Plusieurs de ces traités nous reconnurent la laculté dé châtier nous-mêmes les pirates barbaresques qui se mettraient, par leurs agressions, hors la paix qui régnait entre la France et la Porte Ottomane. Il en résultait que notre situation sur la côte septentrionale d'Afrique était mixte. Elle résultait à la fois d'un usage immémorial, de la prescription, cette origine de presque toutes les propriétés, du consentement primitif des populations, de la reconnaissance de cet usage et de nos droits par la Porte, de nombreux traités avec le gouvernement turc d'Alger. Elle était à la fois commerciale, politique et militaire.
Malgré les traverses perpétuelles que lui suscitèrent les deys d'Alger, et bien que les guerres nous obligeassent à abandonner nos établissements , que les beys de Constantine faisaient livrer aux flammes, les négociants qui jouissaient des concessions firent des bénéfices considérables en étendant leur commerce et leurs comptoirs du cap Negro au cap Bosa, à Bone, Stora, Collo, et jusqu'à Djijelly. La position privilégiée dont le gouvernement français jouissait à Constantinople auprès de la Porte, son ancienne alliée, ses relations avec les Barberousse, au temps des grandes luttes de François I" contre Charles-Quint, assurèrent à notre pavillon des avantages particuliers.
On voit, en 1569, Claude Dubourg, trésorier de France, ambassadeur de Charles IX, renouveler avec le sultan les disposi-
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