‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 45 sur 192 · RAPPORTS D'ALGER AVEC L'EUROPE · texte numérisé non relu

RAPPORTS D'ALGER AVEC L'EUROPE

fortes qu'il ayait d'abord réclamées comme dédommagement des pertes essuyées pour l'aide accordée au premier consul, car la Porte, disait-il, ayait exigé de lui une amende, à cause des fournitures faites à l'expédition d'Egypte. Mais, à la fin de sa lettre, il insistait en ces termes sur le payement de la dette contractée de 1793 à 1798 pour le gouvernement français envers la maison de commerce algérienne Busnach et Bacri : « Faites-moi le plaisir de donner des ordres pour faire payer à Bacri et à Busnach ce que leur doit votre gouvernement, puisqu'une partie de cet argent m'appartient, et j'attends d'être satisfait, comme l'a promis, en votre nom, votre consul Dubois* Thainville *. »

Le gouvernement consulaire fut trop occupé sur le continent pour tirer parti du traité du 1 7 décembre 1801 ; de 1801 à 1806, il ne fit rien pour relever nos établissements de la Galle, comme il ne prit aucune mesure pour faire payer Busnach et Bacri.

En 1807, nos privilèges nous lurent enlevés de nouveau, au profit de l'Angleterre, dont la domination sur les mers devenait irrésistible. Ce fut alors que, nous remplaçant complètement à Alger, elle jouit de la pèche du corail et de tous nos avantages commerciaux, moyennant une redevance annuelle de 267,000 francs : cet état de choses devait se prolonger pendant dix années.

Napoléon, devenu empereur, s'inquiéta de cette nouvelle position que l'Angleterre acquérait sur la côte africaine, et d'où elle menaçait à la fois ses États français et italiens, riverains de la Méditerranée. Parmi les projets qui traversèrent sa puissante imagination, il faut mettre celui d'une expédition française en Afrique. Il envoya à cet eflet le chef de bataillon de génie Bou- •tin reconnaître les fortifications de la ville, ses approches et le point du littoral qui présenterait le plus de facilités pour un débarquement. Cet observateur, plein de sagacité, trouvant la rade 4'Alger trop bien fortifiée pour qu'il fût prudent d'y renouveler les tentatives des Espagnols, signala la presqu'île de Sidi-Ferruch

* Voir, â la fin de Touvrage, aux pièces justifie:' lives, le texte complet de £ciie lettre et du traité du 17 décembre 1801, sous les miméros 1 et 2.

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comme le meilleur point de départ d'une attaque contre Alger, etéyalua à55,C00 hommes, dans le plan qu'il traça, le chiflre des forces nécessaires pour réduire cette ville.

L'Empire tomba avant que l'Empereur eût pu donner aucune suite à cette idée. En 1814, à l'époque de la première Restauration, les puissances réunies dans le congrès de Vienne songèrent à mettre un terme à la piraterie exercée par les États barbaresques; mais l'Angleterre montra peu de disposition à entrer dans cette voie, et son représentant dans lé congrès opposa, comme fin de non-recevoir, les traités existants et les difficultés d'une entreprise contre Alger. 11 est permis de supposer que l'Angleterre, sûre d'être à l'abri des insultes des corsaires par la force de sa marine, ou du moins de les réprimer, voyait sans trop de déplaisir les obstacles qu'ils mettaient au commerce des autres puissances maritimes.

A la même époque le consul général de France à Alger, M . Dubois-ThainvilIe, le même qui, en 1801, avait signé le traité du 17 décembre, et qui avait fait renouveler ce traité au nom du roi en 1814, recevait du dey l'ordre impératif d'arrêter définitivement les comptes de plusieurs sujets algériens créanciers de la France; et, comme le consul représentait qu'il ne pouvait le faire sans y être autorisé par son gouvernement, le dey lui commanda de quitter immédiatement Alger.

Sur ces entrefaites les Cent-Jours arrivèrent, et les choses restèrent naturellement dans la même situation, jusqu'à ce que le sort de la France fût fixé. Les rapports entre le gouvernement français et la Régence d'Alger étaient au moins interrompus.

Vers la fin des Cent-Jours, dans la seconde moitié de l'année 1815, les États-Unis d'Amérique, qui avaient jusque-là payé un tribut au dey pour assurer la sécurité de leur commerce, ayant décidé en congrès que ce tribut cesserait d'être payé, envoyèrent dans la Méditerranée une force navale destinée, soit à forcer la Régence à conclure la paix, soit à protéger le commerce américain contre la piraterie.

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