EXPÉDITIONS ANGLAISES : SIR HARRY NEAL
jettes à des abus, à des avanies et à des violences de toute espèce. Cinq ans plus tard, en mars 1824, lorsque l'amiral sir Harry Neal parut devant Alger avec une escadre, pour demander quelques additions au traité de 1816, il éprouva un refus péremptoire. L'Angleterre voulait que Ton étendît à la maison de campagne du consul anglais l'inviolabilité consulaire assurée à sa maison de ville, qu'il eût droit d'arborer le pavillon national sur la première comme sur la seconde, qu'il fût reconnu comme
le premier des consuls chrétiens et qu'il jouît des prérogatives attachées à ce titre; qu'il ne fût jamais mis empêchement à l'embarquement et au débarquement de ce consul; que les personnes attachées à son service fussent exemptées de toute contribution. Elle insistait pour que ce traité fût signé par le consul Macdonald, qui avait quitté la ville sur un premier refus. Le dey accueillit quelques-unes de ces conditions, mais il rejeta péremptoirement
es autres, notamment l'article qui avait trait au pavillon national, celui qui attribuait au consul anglais un droit de primauté et de préséance consulaire, et par-dessus tout l'article d'après lequel M. Macdonald serait appelé à signer le nouveau traité. Le dey exigea son rappel' et la nomination d'un nouveau consul. Les deux parties persistant, sur ce point surtout, dans leurs prétentions contradictoires, les hostilités s'ouvrirent le 11 juillet 4824. A trois reprises différentes l'amiral Neal essaya de bombarder la ville, mais il fut obligé de se retirer en désordre devant le feu supérieur des forts; enfin, après une dernière tentative, faite le 24 juillet, il renonça à son ultimatum, se contenta des premières conditions souscrites au mois de mars précédent par le dey, et, renonçant à faire accepter M. Macdonald, nomma un nouveau consul pour signer le traité*. Le dey fit donc la loi, 1* Angleterre la subit.
Telles étaient les dispositions du gouvernement algérien au
• Nous empiimtoiis ces détails à la Noie extraite des archives du consulat de France à Alger en 1827 et envoyée au miiiistèi-e à cette époque par M. Deval, consul général dans cette ville. Nous devons la communication de cette note intéressante à Tobligeance de M. Tamiral Dupetil-Thouars.
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moment où de graves difficultés allaient s'élever entre lui et la France. 11 n'avait changé ni de nature, ni de procédés. 11 n'avait profilé qu'à un point de vue des attaques récentes dirigées contre Alger; elles lui avaient indiqué les points faibles de la ville, et il les avait fortifiés.
Ce fut le continuel souci d'Omar-Pacha, le dey sous lequel le coup de main de l'escadre américaine et l'attaque de vive force de lord Exmouth avaient humilié la puissance algérienne. Lorsqu'il périt, comme tant d'autres deys, dans une révolte militaire, il avait réparé les fortifications, construit de nouvelles batteries, . nettoyé le port, acheté et équipé quatre navires corsaires et mis Alger à Tabri de toute attaque par mer.
Un sourd mécontentement grondait dans la milice turque depuis le double échec que les Étatâ-Unis et l'Angleterre avaient infligé au dey. 11 avait réussi à prévenir une première insurrection» il fut moins heureux contre une seconde. Surpris par les conspirateurs, qui l'attaquèrent à l'improviste dans sou palais, il n'essaya point une défense inutile, et, après quelques représentations demeurées sans effet, il tendit le cou au lacet.
Ali-Codjia, chef de la conspiration, fut élu à sa place, et, prévoyant de bonne heure pour lui-même le sort de son prédécesseur, il s'attacha à répandre autour de lui la terreur. C'était un homme lettré, mais cruel par caractère autant que par politique; ses mœurs dissolues menaçaient le repos de toutes, les familles: les Européens et les consuls eux-mêmes n'étaient point à l'abri de ses caprices eflrontés. Un témoin oculaire de ses violences et de ses excès, le consul général des Etats-Unis Shaler, les a ainsi racontées : « Les consuls étrangers qui se rendaient auprès de lui dans les cérémonies publiques n'arrivaient à sa salle d'audience qu'après avoir passé sur vingt cadavres. Entouré de gardes et magnifiquement vêtu, il affectait de tenir toujours un livre à la main, et il montrait en effet quelque goût pour la littérature. Mais il ne connaissait ni frein ni obstacles à ses passions. On assure que la femme et la fille du consul hollandais, menacées d être enlevées et enfermées dans son harem, n'échap*
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