‹ Histoire de la conquête d'Alger (volume 2)Chapitre 97 sur 192 · DÉPART DE PALMA · texte numérisé non relu

DÉPART DE PALMA

rcs immobiles et n'avaient point essaye de nous barrer le chemin. Vers le temps où notre flotte quittait pour la seconde fois Palma, lord Stuart, ambassadeur d'Angleterre, était venu avertir le prince de Polignac « que l'amiral anglais commandant dans la Méditerranée lui avait mandé qu'il rappelait à lui tous les bâtiments de guerre qui se trouvaient dans la partie de la Méditerranée que devait traverser notre flotte, afin d'éviter tout soupçon que son gouvernement voulût entraver notre marche * . » Les chemins étaient donc ouverts.

a Le 12 juin, à la pointe du jour, dit une dépêche du commandant en chef, on découvrit la côte d'Afrique; mais la force toujours croissante du vent et l'agitation de la mer firent regarder le débarquement comme impossible. La flotte s'éloigna momentanément de la terre; des bâtiments légers furent dirigés vers la presqu'île de Sidi-Ferruch et les deux plages adjacentes. La certitude qu'on avait d'y trouver un mouillage favorable, l'abri qu'oftraient contre les vents régnants la direction et le relief de la côte, la nature du terrain, qui, découvert jusqu'à quatre mille mètres de la mer, ne permet pas à l'ennemi de s'embusquer, avaient depuis longtemps appelé l'attention sur cette partie du littoral*. »

Les circonstances de mer ne se trouvaient guère plus favorables que lors de la première apparition de la flotte devant Alger. « Pendant la nuit du 11 au 12, dit un historien compétent*.

^ Voici le passage textuel que nous copions sur l'original de la lettre écrite ])ar le prince de Polignac au général comte de Dourmont, à la date du 16 juin 1 830 : « Le gouvernement anglais devient moins ombrageux au sujet de notre expédition d'Alger. L'amiral commandant dans la Méditerranée (et je m'imagine qu'il n'agit pas sans ordre) a mandé h lord Stuart qu'il rappelait à lui tous les bâtiments qui se trouvaient dans la partie de la Méditerranée que doit traverser notre flotte, afin d'éviter tout soupçon que son gouvernement Tonlùt entraver notre marche. »

Documents et correspondances communiqués par la famille du maréchal de Bourmont.

* Dépêche du commandant en chef. Sidi-Ferruch, 14 juin 1830.

' M. Chasseriau dit : Pendant la nuit du 12 au 13, mais il y a évidemment imc erreur de date. En effet, le biographe de l'amiral DuperinJ dit à la

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512 uistoihe de la conquête dalger.

dont le récit contrôle celui du général en chef, l'horizon de plus en plus chargé s'illumine d'éclairs partant du sud-ouest au sud-est; des grains fréquents se lèvent dans l'ouest; ils passent au vent qui souffle de Test avec iorce; la mer grossit et mugit autour de la flotte, dont rien n'égale rimposai\jt aspect. Le 12 ^ juin, au jour, Alger et le cap Caxine apparaissent du sud-sud-ouest au sud, à la distance d'environ 12 milles. »

Cette apparition d'Alger produisit un effet électrique sur l'armée. Enfin les deux adversaires se trouvaient en présence, la ville imprenable et l'armée française : un immense cri de Vive le roi ! s'éleva sur la flotte; puis un silence profond succéda comme dans les occasions solennelles. On espérait que l'action allait commencer, et l'on étudiait du regard cette côte pittoresque avec ses mouvements onduleux de terrains qui, couverts de jolies maisons de campagne, montent doucement vers la ville bâtie en amphithéâtre. Pendant que l'armée, suspendue entre l'espérance et l'anxiété, attendait le signal, le vice-amiral en chef se demandait dans un profond recueillement s'il serait prudent, en présence d'une mer difficile et d'un vent violent, de conduire une flotte si nombreuse à un mouillage inconnu* :

« Il ne le pensa pas. Son opinion fut confirmée par celle de M. Massieu de Clairval, qui avait pu juger de l'état de la mer aux atterrages, avant de raUier l'armée avec la Sirène, à trois heures du matin. Au grand mécontentement de l'armée expéditionnaire, qui brûlait de joindre l'ennemi, M. le vice-amiral Duperré donna l'ordre à la flotte de s'éloigner de la côte, en prenant le bord du nord. Aussitôt la flotte cherche, mais vainement, à s'élever dans le vent. L'anxiété est à son comble quand, par un retour de la fortune de la France, le vent s'établit à midi dans la région de l'est; le temps s'embellit bientôt, la

page suirantc (p. 209) : « Le 13 juin, au jour, le vent était finis, le ciel

nuageux; mais le baromètre montait, et le temps paraissait s'embellir. M. li^ vice-amiral Dupen^é donne Tordre de fontier la ligne de bataille. »

^ Nous rectifions la date.

* Vie de l'amiral Duperré, par Chasserian.

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mer s'apaise. Sur l'ordre du \icc-amiral, la réserve et le convoi restent au bord de sud-sud-est, pour se maintenir au vent et rallier la flottille, tandis que l'armée vire lof pour lof par la contre-marche, mouvement qui s'exécute lentement en raison de l'étendue de la ligne. A une heure, les apparences du temps redeviennent encore inquiétantes. Cependant, faisant cette fois au hasard la part que le hasard s'attribue toujours dans les choses humaines, le vice-amiral laisse courir la flotte, qui découvre la terre à quatre heures du soir. A cinq heures, ordre de revirer pour ne pas approcher davantage de la terre, et pour qu'en se reportant sur elle à neuf heures la flotte puisse s'en trouver à 10 ou 12 milles au point du jour*. »

Quoi qu'on eût fait, il fallait donc, comme dans toutes les grandes entreprises, en revenir à donner quelque chose au hasard. Les retards apportés au débarquement n'avaient pas affranchi de cette nécessité, ils ne l'avaient que reculée. Dans cette journée du 12 juin, il y eut entre le commandant de la flotte et le commandant en chef de l'expédition une explication qui décida du sort de l'entreprise. L'amiral Duperré se promenait sombre et soucieux sur le pont de la Provence ^ lorsque le comte de Bourmont se dirigea vers lui et lui dit : « Monsieur l'amiral, cette fois, il faut débarquer. x> L'amiral répondit avec hésitation que cela dépendrait du vent. « Non, monsieur l'amiral, cela dépend de moi, et je vous assure que, cette fois, nous débarquerons. » L'amiral renouvela ses objections, en alléguant que toute la responsabilité pesait sur sa tête, et qu'il tiendrait compte des circonstances de la mer. « Monsieur l'amiral, la mer n'est pas mauvaise ; vous save» que j'ai le droit de vouloir, et je veux que nous débarquions. » 1/amiral Duperré ne répondit pas. Il continua à se promener de long en large avec des marques non équivoques d'impatience. Ce ne fut que lorsqu'on fut entré dans la baie de Sidi-Ferruch et que plusieurs vaisseaux eurent passé sans encombre devant la batterie que la confiance

* Yie de V amiral Duperré ^ par Cliasi^criau.

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51 i IIISTOIBE DE LA CONQUÊTE D'ALGER.

revint à Taiinral. 11 s'avança les bras ouverts vers le général en chef et lui dit : « Maintenant c'est entre nous à la vie et à la mort! Nous débarquerons demain. — Voilà qui est à merveille, monsieur l'amiral, reprit le comte de Bourmont avec ce sourire doux et fin qui lui était habituel J'élais bien sûr que nous débarquerions *. »

Pendant la soirée, la flotte bien ralliée courut environ trente milles sur terre. Le 15 juin, au point du jour, les montagnes, puis les murailles blanches d'Alger et le rivage couvert de jardins reparurent aux regards à travers la brume épaisse qui règne habituellement sur cette côte. Le moment était venu. Peu à peu, la brume tombée, les objets devinrent plus visibles. Les soldats, sortis de leur prison, étaient rangés en bon ordre sur le pont, le sac sur le dos, le fusil au pied, astiqués et leurs armes luisantes comme dans un jour de revue. Quand cette terre d'Alger qui déjà leur avait été montrée, mais pour échapper aussitôt à leurs empressements, leur apparut do nouveau, ils la saluèrent d*une acclamation immense-, toutes leurs impatiences généreuses, toutes leurs espérances héroïques, tous leurs dévouements au roi, cette vivante image de la patrie,vinrent se confondre encore une fois dans le cri de Vive le roi ! 11 semblait qu'ils prévoyaient tous les champs de bataille que cette terre, destinée à être baptisée française par le sang français, réservait à leur courage et à celui de leurs successeurs. Chacun était à son poste et attendait le moment d'agir. Dès quatre heures du matin, le vice-amiral commandant en chef avait fait le commandement de branle-

* En consultant les souvenirs d'un gi-anJ nombre d'officiers de l'armée d'Afrique, nous avons trouvé partout Topinion accréditée que le général en chef avait été obligé de montrer ses pleins pouvoirs à l'amiral pour le déterminer ^ débai^per. Mais, en contrôlant cette iiimeur générale par les souvenirs plus précis de M. le comte Louis de Bouniionl, alors aide de camp de son père, et embarqué avec lui sur la Provence, nous avons pu rétablir la vérité historique.

Le général en chef faisait allusion, dans ce dialogue, aux instructions écrites que l'amiral avait reçues du ministre de la marine. On trouvera ces instnic^ tioDs aux pièces ustificatives, sous le numéro 6.

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bas de combat. Le vent était encore Trais de la paille de l*est; mais la mer était peu houleuse, et le temps était beau. A bord de la Provence, le général Bourmont, le vice-amiral Duperré et Tétat-major de terre et de mer étaient montés sur la dunette. On croyait généralement que là cAte était hérissée de batteries et que les apprêts d'une vigoureuse défense attendaient Tarmée française; aussi toutes les lunettes étaient braquées sur la côte, oii Ton n'apercevait aucun mouvement. N'était-ce point une embûche? Le Dragon, capitaine le Blanc, et la Cicogne, capitaine Barbier, reçurent l'ordre d'approcher de la côte pour reconnaître le mouillage.

Ici nous laissons la parole au vice-amiral commandant en chef de l'expédition : « Ce premier moment de répondre à la confiance de Sa Majesté, dit-il dans son rapport, m'a paru favorable, je Tai saisi. La flotte s'est présentée à huit heures du matin devant la ville d'Alger, a défilé le long des forts et des batteries, le commandant de la station, accompagné de la Bellone, condui- .sant l'armée navale en tête, suivie de la réserve et du convoi, et à sept heures du soir elle occupait la baie de Torre-Chica; l'ennemi avait évacué la batterie de la pointe et le fort de la baie; mais il avait couronné les hauteurs voisines des pièces d'artillerie et des mortiers qui en composaient l'armement. Quelques coups de canon ont été tirés et quelques bombes ont été lancées sur la première ligne des vaisseaux. Un matelot a été blessé par un éclat à bord du vaisseau \eBreslaw. J'ai fait accoster la plage par le capitaine Louvrier, montant le bateau à vapeur le Nageur, qui est parvenu à faire évacuer une batterie en premier plan d'un mortier et d'un canon; la journée était trop avancée pour le débarquement : les dispositions ont été prises pour l'opérer à la pointe du jour. Les corvettes la Bayonnaise, capitaine Perrin; le brick YActéon^ capitaine Hamelin, et le brick la Badine, ca • pitaine Guindet, qui n'avaient point de troupes à débarquer, ont été prendre poste dans la baie située à Test de Torre-Chica, pour prendre en flanc les batteries de l'ennemi et les battre pardessus la presqu'île. Les bateaux à vapeur le Nageur et le Sphinx,

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516 HISTOIRE DE LA COi\QUÊTE DALGEU.

capilaiiie Sarlal, ont reçu Tordre de couvrir de leur feu le dcbarqueineut dans Touesl*. »

La relation du major général de l'armée de terre ajoute quelques détails. On aperçut, dans cette grande reconnaissance, un camp établi à une lieue environ du rivage. En avant de ce camp, on découvrait quelques batteries : c'était celles que fil taire le Nageur. Des groupes de cavaliers arabes galopaient le long du rivage, comme s'ils avaient voulu donner en spectacle la vitesse de leurs chevaux, et paraissaient et disparaissaient tour à tour dans les dunes. Peu à peu leur nombre s*accrut; du haut des hunes, on vit de longues colonnes se diriger vers le point du rivage menacé; on évalua le nombre de ces cavaliers à trois ou quatre mille. Du reste, aucun préparalif apparent de défense. Ceux qui, dans notre armée, avaient fait la campagne de Morée, signalaient seulement ù leurs camarades des points blancs apparaissant dans le lointain : c'étaient les tentes des Arabes. Nos soldats étaient remplis d'espérance et de joie; ils attendaient la journée du lendemain avec celte insouciance du danger, ce goût d'aventure et cette gaieté héroïque et pleine de saillie qui sont les caractères du courage français; les vieux soldats de l'Empire qui faisaient partie de l'expédition reconnaissaient à ces traits la grande race militaire d'où étaient sorties les puissantes armées dans lesquelles ils avaient combattu*. A huit heures du soir, les trois escadres, la première division de combat et la flottille de débarquement avaient jeté l'ancre. L'opération du mouillage s'exécuta sans que l'ennemi essayât de l'entraver, sans que les navires, pressés dans cet espace restreint, eussent fait aucune avarie.

Pendant que tout se préparait ainsi pour l'action du lendemain, que se passait-il dans le camp opposé? Quels étaient les préparatifs de défense? De quelles forces disposait le dey ? Quelles étaient la situation de son esprit, ses craintes et ses espérances,

* Rapport du vice-amiral Duperré.

• Campagne d'Afrique, par M. Feniel.

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les dispositions des Turcs et du reste de la population? Jusqu'ici le lecteur s'est trouvé placé au point de vue delà France, delà flotte et de l'armée françaises, au point de vue de l'attaque. Le moment est venu de le placer au point de vue d'Alger, du dey, des Turcs, des Arabes, au point de vue de la défense, afin que son regard embrasse toute l'étendue du tableau, avant que ces forces ennemies se mêlent en s'entre-choquant*.

Si le long blocus qu'avait subi Alger n'avait pu vaincre l'obstination du dey, il avait réduit ses forces, diminué ses ressources, et, à mesure que les préparatifs de l'expédition française avançaient, la confiance du dey, averti par les espions qu'il entretenait en Italie, à Marseille, à Toulon et à Paris, celle des Turcs et de la partie la plus riche de la population, avaient fait place aune sombre anxiété. Le commerce était arrêté, les opérations maritimes étaient supendues; les Turcs, naturellement baïsde la population, dont ils étaient les maîtres dédaigneux et les oppresseurs insolents, se trouvaient dans une situation critique. Ils avaient été jusqu'à douze et quatorze mille, et, la sévérité du blocus et la rupture du

^ Nous empruntons ces détails aux documents intëi*essants publiés par M. Alfred Nichiels, dans la Revue contemporaine (numéro du 31 décembre 1854, ])age 240), sous ce titre : la Prise (T Alger racontée par un captif; ces documents sont tirés d*un petit liyre allemand intitulé : Mes voyages et ma captivité de cinq ans à Alger, par Simon-Frédéric PfcifTer, que nous avons déjà cité. H. Michiels raconte comment il trouva, dans un étalage de bouquiniste, ce livre volé a la bibliothèque de Louis-Philippe, aux journées de Février 1 848. Simon PfeifTer, captif à Alger pendant cinq ans, de 1825 à 1830, donne de visu des détails curieux sur tout ce qui se passa à Alger pendant le blocus, à l'approche de la flotte française, et pendant le siège ; c'est la version algérienne de cet épisode, qui sert à compléter la version française. Grâce à ce récit plein d'intérêt, on a vue dans Alger, Ton connaît les émotions, les illusions, les espérances, les craintes, les préjugés de la population. Simon PfeilTer, après avoir été employé dans les cuisines du premier ministre, eut Toccasion de lui faire savoir qu'il était médecin, et le bonheur de le guérir d'une maladie, ce qui le mit en grand crédit, non-seulement auprès du premier ministre, mais du dey, auquel il donna des soins. U était donc en position de voii* et d'écouter. Il publia son livre en juillet 1832, dans la petite ville de Giessen, sur les confins de la liesse électorale. Voici le titre allemand : Mein Heisen und mewe funfjœhrigen Gefofigenschafl in Algie r.

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dey avec le sultan les empêchant depuis trois ans de se recruter, ils étaient tombés un peu au-dessous de six mille : car beaucoup étaient morts; d'autres, craignant les événements, avaient émigré au Maroc, à Tunis, en Êgj^pte. La population, courbée pai* la terreur sous leur joug, sentant diminuer la force de compression, relevait la tète et demandait, chaque jour, de nouveaux privilèges au dey. On avait vu, dans les derniers temps, chose inouïe! des Maures battre des janissaires. Le captif allemand qui a conservé à l'histoire ces détails, dont il fut témoin'oculaire, entendit plus d'une fois les Turcs se dire entre eux : « Le sort a change. Laissons ainsi aller les choses pour le moment. Notre tour re^ viendra. Lorsque la guerre avec la France sera terminée, nous les forcerons de nouveau à plier le genou. »

Tandis qu'ils parlaient ainsi en secret, ils affectaient, par les^ ordres du dey, de traiter les Maures et les Arabes avec modération et douceur. Hussein-Pacha était triste et soucieux. Il connaissait les dispositions de la population, il voyait diminuer lo nombre de la milice turque, et craignait les périls du dedans autant que ceux du dehors. Plus d'une fois, pendant les dernières nuits qui précédèrent l'apparition de la flotte française, le captif chrétien qui nous fournit les éléments de ce récit vit l'émir, chassé de son harem par les soucis, se promener sur la terrasso de son palais, enveloppé de son manteau, et diriger une lunette* d'approche sur la mer. 11 caressait la population et ne ménageait envers elle ni les avances ni les promesses. C'était, lui faisait-il dire, dans l'intérêt de la religion qu'il soutenait la guerre, el pour sauver les musulmans du despotisme des mécréants, les mosquées de la profanation qu'ils voulaient leur infliger en y plantant la croix. Il avait appelé près de lui les cheiks les plus influents, leur avait fait distribuer des burnous rouges, des montres, des sabres au fourreau doré. Ses ministres avaient fait par ses ordres des pèlerinages aux tombeaux des marabouts en vogue, et y avaient sacrifié des moutons et des bœufs; on avait distribué de l'argent à la foule qui accourait à ces cérémonies. Rien n'avait été oublié pour surexciter le fanatisme musulman.

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