MARINE
C’est la partie la plus forte. L'armement est considérable (180 pièces), et du canon du plus gros calibre : il yen à de 56, 48 et même au-dessus. Les pièces du rez-de-chaussée sont bien couvertes ; c’est Jà que les Tures se complaisent dans leur confiance et croient pouvoir défier toutes les puissances de l'Europe; tous se jettent à la Marine en cas d'alerte. Il faudrait donc paraitre devant ce point pour les y attirer; mais on croit qu'il serait aussi dangereux qu'inutile dy former une attaque réelle, à moins d’avoir une flottille exprès pour cela,
La possession des forts de la Marine serait sans doute très-avantageuse dans le cas qu'il arrivât une flotte de secours à l'ennemi ; mais, si la nôtre peut, en peu d'heures et presque sans danger, s'emparer des forts Matifou et de l'Eau, et se mettre ensuite SOUS la protection de l'un et de l'autre, des batteries voisines et de celles qu'on pourrait faire encore, il faudrait peut-être se consoler de ne pas occuper la Marine, puisque notre flotte n’en recevrait pas une protection suffisante, ne pouvant entrer dans la darse, où il n'y a que 45 à 20 pieds d’eau, et dans le voisinage de laquelle la flotte de secours pourrait toujours tourmenter notre droite. 1 faut remarquer encore que nous ne pourrions profiter de la darse qu'autant que nous fussions maitres de la ville, dont la prise peut bien ne pas suivre immédiatement.
Dans tous les cas, le mieux serait que la flotte revint le plus tôt
possible; sa présence sur ces parages serait toujours une amorce pour les Anglais.