TRAITÉS DEPUIS
vail plus la hardiesse de conseil et la vigueur d'action nécessaires pour mener une entreprise difficile à fin. L’Angleterre, la Hollande, un moment affranchie par son Ruvyter, la Suède, le Danemark, l'Espagne, l'Amérique, payaient tribut et n'affranchissaient qu’à demi leur commerce par cette concession. Les États italiens n'obtenaient à aucun prix de traités ; les Algériens les regardaient comme leur proie.
Les dates du renouvellement des traités de la France avec le dey suffiraient, au besoin, pour indiquer, par les réparations exigées et obtenues, les infractions qui troublaient la bonne harmonie des rapports.
Dans le mois de mai 1694, un traité, connu sous le nom de traité Hely, avait confirmé les droits et les possessions du Bastion de France.
Le 27 ma 1693, M. Dusault, gouverneur du Bastion de France, signait un traité pour cent ans avec le dey de Tripoli. I était convenu qu'on remettrait à M. Dusault trois vaisseaux désignés par lui, avec leurs armes, équipement et chargement de blé, trente chevaux barbes des plus beaux, tous les prisonniers faits sous pavillon français. Ce traité était confirmé en 1720, dans un nouÿel accord négocié par M. Dusault, en qualité de ministre plénipotentire.
Le 50 mars 1792, un article supplémentaire était ajouté à ces conventions, pour menacer de la peme de mort les corsaires qui troubleraient la navigation des bâtiments de la France ou insulteraient son pavillon. M ces gouvernements de pirates observaient peu la foi jurée, 1l faut dire aussi qu'ils étaient mal obéis par leurs sujets, et que la police des mers n'était point facile à faire. De là ces pemes terribles édictées contre les contrevenants.
. Dans tous les actes diplomatiques négociés pendant le règne de Louis XIV, le roi de France n'était pas désigné comme traitant directement avee les puissances barbaresques. Le roi,
trouvant au-dessous de sa dignité de paraitre comme l’égal de ces puissances, autorisait seulement une personne à négocier et à conclure en son nom.
Sous Louis XV, les conventions, les traités et les renouvellements de traités avec les puissances barbaresques furent fréquents. Ces confirmations, obtenues par la force ou lintimidation, attestent à la fois les violations commises par les corsaires et leur terreur devant les armes de la France. Mais il est remarquable qu'on eut plus rarement à renouveler les traités avec Alger qu'avec les autres Barbaresques.
En 1764, il y eut un traité signé par le chevalier Fabry, major des armées navales du roi, commandant l’escadre mouillée à Alger. Ce traité stipulait que tous les griefs passés seraient oubliés ; qu’un délai de trois mois serait donné aux marchands français résidant à Alger, s’il survenait une rupture ; que, dans le cas d’une collision entre un navire français et un navire algérien, le coupable serait sévèrement puni par le dey, s’il était Algérien, par le consul, s’il était Francais ; que les corsaires de Salé ne pourraient vendre leurs prises ni même être reçus dans le port d'Alger; que, sil y avait combat entre les côrsaires d'Alger et un bâtiment français, aucun mal ne serait fait aux Français résidant à Alger.
L'expérience avait appris au gouvernement français qu'il fallait prévoir, comme des accidents inévitables, les cas de violence exercés sur la mer par les corsaires sans permission de leur gouvernement, et ne pas faire dépendre de ces accidents la sécurité générale du commerce français à Alger et la paix.
Les dates des traités et renouvellement des traités avec les autres puissances barbaresques sont plus nombreuses. En 1720, 1729, 1742, 1763, 1770, on retrouve la trace de né-
sociations de ce genre avec Tunis et Maroc. Les droits de la