RUPTURE DE LA FRANCE AVEC ALGER EN
ALGER DANS LES PREMIÈRES ANNÉES DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. — SES RAPPORTS AVEC L'EUROPE. — EXPÉDITION AMÉRICAINE. EXPÉDITIONS ANGLAISES, — L'AMIRAL EXMOUTH, — L'AMIRAL NEAL,
Nous entrons avec la fin du dix-huitième siècle dans le vif de cette histoire. Les faits qui amenèrent la rupture définitive de la France avec la Régence d’Alger remontent aux guerres révolutionnaires qui éclatèrent à cette époque. La Révolution de 4789, qui ouvre l'ère contemporame, devait changer notre situation à Alger. Il était impossible que le contre-coup de laffaiblissement de la marme française, à laquelle les décrets de la Convention portaient un coup funeste en détruisant ce magnifique corps d'officiers que nous enviait l’Europe entière, ne se fit point ressentir chez les puissances barbaresques. L'influence de l'Angleterre, dont la marine orandissait de jour en jour, tendit dès lors à se substituer à
la nôtre. Elle aspira à prendre notre position dans la Méditerranée, et elle devait, au moims momentanément, y parvenir, car elle jouissait auprès des puissances barbaresques du crédit de la force.
Lorsqu’en 1798 le général Bonaparte entreprit l’expédition d'Égypte, les Algériens, à l’instigation de la Porte, nous déclarèrent la guerre. Ils s'emparèrent de notre établissement de la Calle, défendu seulement par une vingtaine de canons et une garnison de deux cents hommes, et le détruisirent ; pendant les années troublées qui avaient précédé, on avait laissé tomber en ruines les forts du cap Rose, du Bastion de France et du cap Roux. Ge fut là cependant le seul acte d'hostilité que les Algériens commirent contre la France, et l'on peut apprécier par un seul fait le relâchement des anciens liens qui unissaient la Porte et Alger : une partie des approvisionnements de l'expédition d'Égypte fut tirée d’AIser, et c’est l’origine partielle d’une créance du commerce algérien sur la France qui devait jouer un si grand rôle dans les événements ultérieurs.
Le général Bonaparte, devenu premier consul, ayant rétabli la paix entre la France et la Porte, entra en négocntion avec le dey d’Alger, et le 17 décembre 1801, M. de Talleyrand étant ministre des affaires étrangères, un traité fut signé entre la République française et la Régence d'Alger. Ce traité, par ses principales clauses, rétablissait les relations des deux peuples sur l’ancien pied. « Les concessions d’Afrique, disait-il, sont restituées de la même manière et aux mêmes conditions que la France en jouissait avant la rupture. » Le renouvellement des relations politiques et commerciales, l'interdiction de retenir les Français comme esclaves dans la Régence, toutes les anciennes clauses enfin, reparaissaient. En ôutre, le dey, dans une lettre datée du 15 août 1802, consentait à respecter le pavillon de la Ré-