‹ Histoire de la conquête d'AlgerChapitre 24 sur 128 · RAPPORTS D’ALGER AVEC L'EUROPE · texte numérisé non relu

RAPPORTS D’ALGER AVEC L'EUROPE

publique italienne, ( proposition, ajoutait-il, qu'il n'aurait pas accordée pour un million de piastres si elle lui avait été fute par un autre que le premier consul ?. » Il renonçait aux 200,000 piastres fortes qu’il avait d’abord réclamées comme dédommagement des pertes essuyées pour l’aide accordée au premier consul ; car la Porte, disait-il, avait exigé de lui une amende, à cause des fournitures faites à l'expédition d'Égypte. Mais, à la fin de sa lettre, il insistait en ces termes sur le payement de la dette contractée de 1793 à 1798 pour le gouvernement français envers la maison de commerce aloérienne Busnach et Bacri : « Faites-moi le plaisir de donner des ordres pour faire payer à Bacri et à Busnach ce que leur doit votre gouvernement, puisqu'une partie de cet argent m'appartient, et j'attends d’être satisfait, comme l’a promis, en votre nom, votre consul Dubois-Thainville?, »

Le gouvernement consulaire fut trop occupé sur le contment pour tirer parti du traité du 47 décembre 1801 ; de 1801 à 1806, il ne fit rien pour relever nos établissements de la Calle, comme il ne prit aucune mesure pour faire payer Busnach et Bacri.

En 1807, nos priviléges nous furent enlevés de nouveau, au profit de l'Angleterre, dont la domination sur les mers devenait irrésistible. Ce fut alors que, nous remplaçant complétement à Alger, elle jouit de la pêche du corail et de tous nos avantages commerciaux, moyennant une redevance annuelle de 267,000 francs : cet état de choses devait se prolonger pendant dix années.

Napoléon, devenu empereur, s’'inquiéta de cette nouvelle

1 Cette lettre est reproduite tout au long, ainsi que le traité, dans une brochure de M, de Laborde, publiée en 18:0.

? Voir, à la fin de l'ouvrage, aux pièces justificatives, le texte complet

de cette lettre et du traité du 17 décembre 1801, sous les numéros 1 et 2.

position que l'Angleterre acquérait sur la côte africaine, et d’où elle menaçait à la fois ses États français et italiens, riverains de la Méditerranée. Parmi les projets qui traversèrent sa puissante imagination, 1l faut mettre celui d’une expédition française en Afrique. Il envoya à cet effet le chef de bataillon de génie Boutin reconnaître les fortifications de la ville, ses approches et le point du littoral qui présenterait le plus de facilités pour un débarquement, Cet observateur, plem de sagacité, trouvant la rade d’Alger trop bien fortiliée pour qu'il fût prudent d'y renouveler les tentatives des Espagnols, signala la presqu'ile de Sidi-Ferruch comme le meilleur point de départ d’une attaque contre Alger, et évalua à 35,000 hommes, dans le plan qu'il traça, le chiffre des forces nécessaires pour réduire cette ville.

L'Empire tomba avant que l'Empereur eût pu donner aucune suite à cette idée. En 1814, à l'époque de la première Pestauration, les puissances réunies dans le congrès de Vienne songèrent à mettre un terme à la piraterie exercée par les États barbaresques ; mais l'Angleterre montra peu de disposition à entrer dans cette voie, et son représentant dans le congrès opposa, comme fin de non-recevoir, les traités existants el les difficultés d’une entreprise contre Alger. Il est permis de supposer qne l’Angleterre, sûre d’être à l'abri des insultes des corsaires par la force de sa marine, ou du moins de les réprimer, voyait sans trop de déplaisir les obstacles qu'ils mettaient au commerce des autres puissances maritimes.

À la même époque, le consul général de France à Alger, M. Dubois-Thainville, le même qui, en 1801, avait signé le traité du 17 décembre, et qui avait fait renouveler ce traité au nom du roi en 1814, recevait du dey l’ordre impératif d'arrêter définitivement les comptes de plusieurs sujets alvériens créanciers de la France ; et, comme le consul repré-

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