‹ Histoire de la conquête d'AlgerChapitre 37 sur 128 · BLOCUS D’ALGER · texte numérisé non relu

BLOCUS D’ALGER

« collègues et moi nous avons dit au roi que nous lui soumet- ( trions nos opinions, mais que nous obéirions tous, quelle que « fût sa détermination, et qu'il n’y aurait pas de division dans « le conseil. Votre Majesté peut donc ordonner en toute sécu- « rité, sa volonté sera suivie. » Le roi hésita un moment et dit ensuite avec un profond soupir: « C’est égal, j’ajourne- ( rai.—Sire, lui dis-je, je fais des vœux bien sincères pour que ( le roi n’ait pas lieu de se repentir de cette détermination: € mais 1l m'est impossible de ne pas le craindre !. »

Le roi ayant rejeté, peut-être dans la prévision de la chute prochaine d’un ministère qu’il ne défendait plus qu’à demi, la proposition d'envoyer une armée expéditionnaire débarquer sur la côte d'Afrique, et l'attaque par mer étant impossible, il ne restait plus qu’à continuer le blocus.

{ Notes et documents communiqués par M. le duc de Clermont-Tonnerre. Cet ancien ministre, ayant l'année suivante (1828) communiqué son rapport à M. de Sémonville, recevait de lui la lettre suivante :

« Mon cher voisin, je vous remercie. Je lirai avec l'intérêt que je porte à vous, à la chose elle-même ; car je crois fermement que cette expédition, bien faite à temps, eût été la plus utile pour la stabilité et la gloire du trône. De toutes celles qu’on pouvait entreprendre, il ‘n’en est aucune qui s’accordât aussi bien avec les opinions de l’époque, ses besoins et les principes du souverain. Si ceux de l’Europe étaient éclairés autant qu’ils le sont peu sur leurs véritables intérêts, ils comprendraient que leurs turbulentes nations s’en prendront à eux aussi longtemps qu'on n’ouvrira pas à leur populatiom, toujours croissante, et à leur ambitieuse industrie, une large porte pour s'établir sur des rives que l’antiquité a vues fleurir, On n’a pas suivi vos conseils ; on y reviendra, mais trop tard. »

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