ARMÉE DE TERRE
Ouvriers d'administration, 688 hommes,
Gendarmerie, 123 hommes, 31 chevaux.
Officiers d’admimistration et employés, 429 hommes, 994 chevaux.
Ce qui donnait un total de 57,531 hommes, 4,008 che- Vaux.
Le parc d'artillerie de siége se composait de 82 pièces de gros calibre et de 9 mortiers!. |
Il y avait eu une vive émulation parmi les officiers de tout grade comme parmi les soldats, pour faire partie de l'armée expéditionnare. Les demandes affluaient. On fut obligé de refuser des officiers qui demandaent à servir sans aucun grade, et des sous-officiers qui auraient voulu partir comme simples soldats?. Toute l’armée aurait voulu entrer dans les trois divisions formant l’armée expéditionnaire placée sous le commandement en chef du heutenant général comte de Bourmont.
Le lieutenant général baron Berthezène commandait la première division, Les trois brigades dont elle se composait étuent sous les ordres des généraux Poret de Morvan, baron Achard, baron Clouet, Le colonel de Brossard était chef d'état-major du général commandant la première division, Le colonel de Frecheville commandait le 2€ et le 4° léger, et le colonel Roussel, le 3° de ligne, formant la première brigade. Le colonel d’Armaillé commandait le 44° de ligne, et le colonel de Feuchère, le 37°, formant la deuxième brigade ; le colonel Horric le 20° de ligne et le colonel Mounier le 28°, formant la troisième brigade,
Le lieutenant général comte de Loverdo était à la tête de la
1 Précis historique ct administratif de la campagne d'Afrique, par le baron Denniée, intendant en chef dé l’armée d'expédition, (Paris, 1830.)
? Campagne d'Afrique, par le chéf de bataillon Ferhel. (Paris, 1851:)
deuxième division, Les trois brigades dont elle se composuit étaient sous les ordres desgénéraux Danrémont, Munck d’Uzer, Colomb-d’Arcines. Le colonel Jacobi était le chef d'état-major du général Loverdo, Le. 6° de ligne, colonel de la Villegille ; le 49° de ligne, colonel Magnan, formaient la premuère brigade. Le 19° de ligne, colonel Mangin; le 48° de ligne, colonel Léridan, formaient la seconde brigade, Le 21° de ligne, colonel de Goutefrey, et le 29°, colonel de Lachau, formaient la troisième.
La troisième division avait été confiée au lieutenant général duc des Cars; ses trois brigades étaient sous les ordres des généraux vicomie de Berthier, baron Hurel, comte de Montlivaut. Le colonel Pétiet était son chef d'état-major. Le 9% et le 1 léger, colonel de Neuchèze; le 359 de ligne, colonel baron Rulhière, formaient la première brigade. Le 17e de ligne, colonel Duprat; le 30° de ligne, colonel Beaupré, formaent la seconde. La troisième se composuit du 23° de ligne, colonel de Monthoissier, et du 34° de ligne, colonel de Roussy.
Le maréchal de camp vicomte de Lahitte, commandait l’arüillerie,
Le maréchal de camp baron Valazé commandait le gémie,
Le lieutenant général Després était chef d'état-major géncral de l’armée, et le maréchal de camp baron Tolozé était sous-chef d'état-major,
Le baron Denniée était intendant en chef,
Le général en chef comte de Bourmont, consulté naturellement sur le choix de ses coopérateurs dans l’armée de terre, comme l’anural Duperré sur le choix de ses coopérateurs dans l’armée de mer, avait essayé, par la composition de l'armée d'Afrique, de donner satisfaction aux services de toutes les dates, sans distinclion d'opinion, et de réunir, à l'occasion d’une grande expédition, les officiers, quelle que
füt leur origme militare, dans l'unité d’un dévouement commun au roi et à la France. Le lieutenant général Berthezène venait de Waterloo ; le maréchal de camp Poret de Morvan, vieux soldat de l'Empire, avait, malgré ses infirmités, réclamé avec insistance la faveur de commander une brigade, Le lieutenant général Valazé, un des officiers les plus distingués du génie, avait des idées d'opposition. Le lieutenant général des Cars, le lieutenant général de Loverdo, qui, en 1815, au moment du retour de l'ile d’Elbe, avait commandé dans le Midi une des colonnes de la petite armée du duc d’Angouème, le maréchal de camp de Bertier, le maréchal de camp de Lahitte, officier distingué de l'artillerie, particulièrement estimé par M. le Dauphin, et le maréchal de camp Colomb d’Arcmes, qui, tout en appartenant par de beaux services militres aux armées impériales, était dévoué de cœur au roi . comme à la patrie, représentaient l’autre élément,
La marine, de son côté, grâce à l’énergique volonté et la haute capacité administrative du baron d'Haussez, était en mesure.
« Le 25 avril, dit-1l, j’annonçai au roi que dix vaisseaux, vingt-deux frégates et soixante-dix bâtiments de guerre de moindre force étaient réunis dans le port de Toulon, et que l'on n'attendait plus que deux vaisseaux et deux frégales, dont on pourrait se passer si leur arrivée tardait trop; que cinq cents transports, rendus nécessaires par les exigences sans cesse croissantes du département de la guerre, étaient également rassemblés dans les ports de Toulon et de Marseille ; que je venais en outre de faire construire soixante bateaux plats destinés au débarquement des hommes, des chevaux et de l'artillerie de campagne ; que j'avais affrété cent cinquante bateaux plats, servant au cabotage de la Méditerranée que leur forme permettait aussi d’affecter au débar-
quement ; et que cet immense armement était aux postes qui ALGER, 15
lui avaient été assignés ; qu'ainsi J'avais rempli mes engagements en devançant même de quinze jours l’époque fixée. Ce fut ma seule réponse aux doutes qui s'étaient élevés, ma seule vengeance des contrariétés que j'avais éprouvées !, » La flotte s'élevait en tout à 675 bâtiments, qui se décomposaient ainsi :
9 vaisseaux de 74 armés en guerre ; 8 vaisseaux armés en flûtes ; 5 frégates de prenner rang (vaisseaux rasés) armées en guerre ; o frégates de prenuer rang armées en guerre ; 6 frégates de deuxième rang armées en guerre ; 3 frégates de troisième rang armées en guerre ; 7 frégates armées en flûtes ; 7 corvettes de 20 canons; 14 bricks de 20 canon ; 12 bricks de 46 canons et au-dessus ?; 4 canonmière-brick ; T corveites de charge ; 7 gabares ; 8 bombardes ; 1 bateaux à vapeur ; 2 goëlettes ; À transport ; À balancelle.
Les bâtiments du roi s’élevaient ainsi au ombre de 103. Il fallait ajouter aux bâtiments du roi : 357 transports, non compris ceux. affrétés par M; Sellières, mumitionnare général de l'expédition ;
Co]
1 Papiers politiques du baron d'Haussez, communiqués par madame la duchesse d’Almazan.
* Deux de ces bricks, le Silène et l'Aventure, qui faisaient partie de la division du blocus, naufragèrent, on l’a vu, sur la côte d'Afrique, avant le départ de Pexpédition.
194 bateaux catalans de l'Ile, bœufs! et génois, en deux divisions commandées par MM. de Vitrolles et Bernard, lieutenants de vaisseau, composant la flottille destinée au débarquement des troupes;
55 chalands spécialement affectés au débarquement des troupes et de l'artillerie. Ils avaient été construits sur les plans de M. Bonnard, directeur du génie maritime à Toulon. 90 étaient destinés à recevoir chacun 140 hommes de troupes, 12 installés pour recevoir une pièce de campagne en batterie, à l'avant et sur coulisses, pouvant loger à l'arrière une seconde pièce, les deux affüts, leurs avant-trains et les canonniers affectés au service des pièces; enfin, 13 pourvus d'armes et destinés au débarquement de l'artillerie de siége et des chevaux, pouvant porter 150 hommes, armes et baga- Des ;
30 bateaux plats ou radeaux également destinés au débarquement du matériel et des troupes.
C’est ainsi qu'on arrivait à un total général de 675 bâtiments de guerre et du commerce, armement immense qui, dans les premiers jours de mai, devait prendre la mer.
Parmi les 103 bâtiments du roi, il y en avait b1 venus des ports de l'Océan, 52 des ports de la Méditerranée?,
Le vice-amiral Duperré, commandant en chef de celte belle flotte, avait demandé et obtenu, pour commandant en second, le contre-amiral de Rosamel. Le contre-amiral Mallet était major général, Le capitaine de vaisseau baron Hugon commandait la flotülle et le convoi. MM. Villaret de Joyeuse, Villeneuve-Bargemont, Cassy, Massieu de Clerval, Dupett-
1 Bateau-bœuf, embarcation à un mât portant les voiles latines; elle sert pour le transport des animaux et elle peut être fort utile dans une descente. (Boxneroux, Dictionnaire de marine.)
2 États communiqués par M. de Martineng, ancien préfet maritime de Toulon,
Thouars, Gay de Taradel, de Robillard, avaient des commandements,
L’armement maritime se divisait en trois parties : la flotte, la flottille de débarquement, le convoi. Pour prévenir l’encombrement, on avait organisé la flotte à Toulon, la flottille et le convoi à Marseille. Le commerce de Marseille et le commerce étranger avaient fourni des transports nolisés Jusqu'à la concurrence de 71,000 tonneaux, au prix de 16 fr. et 16 fr. 50 cent. par tonneau et par mois !.
«Tout avait été disposé avec tant d'ordre, dit le baron d'Haussez, que rarement les objets étaient déposés sur les quais. Presque toujours ils passaient des voitures qui les avaient transportés sur les bâtiments destinés à les recevoir. Ces bâtiments, rangés par divisions et indiqués par des flammes de couleurs différentes, portant des numéros que leurs dimensions permettaient de reconnaître à de grandes distances, quittaient le port de Marseille et allaient prendre dans la rade de Toulon la place qu'ils PAS occuper dans l'ordre de marche et de débarquement ?. ;
« Toutes mes prévisions, dit le baron Denmiée tu même, ont été conçues en présence d’un souvenir qui expliquera suffisamment à quel point ces prévisions ont dû être attenlives : — Si vous faites jamais cette expédition, m'avait souvent répété l’amiral de Puigny, souvenez-vous que cette côte stérile n’offrira pas même de litière à vos chevaux, et que la “mer, si Capricieuse dans ces parages, submergera plus d’une fois vos embarcations 5, »
1 Vie de l'amiral Duperré, par M. Chasseriau, p. 191. Paris, 1848.
? Papiers politiques du baron d’'Haussez, communiqués par madame la duchesse d’Almazan.
5 Précis historique el administratif de la campagne d'Afrique, par le baron Denniée, intendant en chef de l’expédition, page 4, Paris, 1830.
Docile à ces avis, M. le baron Denniée, qui avait reçu, vers le 15 février, l’ordre de diriger les préparatifs de l'expédition sous le rapport des besoins de l’armée, en qualité d’intendant en chef, prenait, avec une énergique habileté, les mesures nécessaires. C'était un homme d’une activité rare et d’une présence d'esprit remarquable, qui avait choisi pour collabo rateurs des jeunes hommes d'avenir, infatigables comme leur chef, et comme lui toujours à cheval : le baron de Sermet, le comte de Fontenay, MM. Saligny, Champigny, Lambert, d’Orville, Brugnières, d’Arnaud, Charpentier, Évrard de Saint- Jean, Behaghel, Frosté, de Limoges, Barbier, Dubois, Le service était organisé avec ce zèle et cette verve que rien ne remplace. La tâche était d'autant plus difficile que le temps pressait davantage. «On arrêta, dans les conférences, que l’armée emporterait avec elle deux mois de vivres, et qu’elle serait immédiatement suivie d’un pareil approvisionnement. On avait atteint le milieu du mois de février, et deux mois suffisaient à peine pour réaliser nos préparatifs. Dans cette occurrence, après avoir mürement discuté la question du mode de fourniture des vivres, le ministre de la guerre prit, en dehors de ses bureaux, une décision par laquelle il adoptait le mode d'achat par commission !, Il consulta confidentiel-
1 Cette décision, prise à la date du 22 février 18530, était ainsi motivée :
& La promptitude et la discrétion qu’exigent les préparatifs de la nature de eeux à faire, ne permet pas de recourir à la voie des adjudications publiques, ni même à une concurrence étendue; on ne peut, d’ailleurs, confier au moins offrant des opérations desquelles peut dépendre le succès d’une opération importante, D'un autre côté, un marché passé sans concurrence, tel avantageux qu’il puisse être sous le rapport des prix et des garanties, ne serait jamais à l'abri des attaques de la malveillance; enfin, ce mode aurait l'inconvénient de lier l'administration de l'armée et de la mettre dans l'impossibilité de profiter des avantages que les localités pourraient présenter. Ge moyen ne peut donc être admis. Les achats par commission offrant au contraire toutes les garanties possibles, en ce qu’ils doivent être justifiés par les mercuriales, certificats du com-
lement l’un des membres de la maison Delessert, certain, à défaut du concours de sa maison, de puiser près de lui d’utiles avis.
« La maison Sellières fut désignée ; ce choix resta toutefois secret pendant douze à quinze jours, dans l'intérêt de l'économie et du succès de l'opération. M. le sous-intendant militaire Brugnières reçut l'ordre de parcourir l'Espagne et les iles Baléares, non-seulement afin de reconnaître les ressources que pourraient offrir ces contrées, mais encore dans le dessein d'obtenir un point de comparaison pour le contrôle des achats que la maison Sellières aurait pu faire sur ces différents points. (Décision ministérielle du 28 mars.)
« Ge point réglé, le service des hôpitaux et celui des transports ne demandaient pas des soins moins pressants. Je proposai, et le ministre adopta l'établissement de constructions mobiles couvertes en toiles imperméables, propres à former
merce et autres documents exigés par les règlements, la seule responsabililé qui puisse résulter de ce mode est dans le choix des personnes auxquelles l’exécution en sera confiée. Le succès des opérations dépend entièrement du secret et de la bonne direction à donner aux achats. Les agents directs de l’administration militaire ont pu être employés avec avantage Lrsqu’il s'agissait de petits approvisionnements, de localités dont le peu d'importance ne pouvait influer sur le prix des denrées ; mais, pour des achats aussi importants, le commerce seul peut agir avec succès. Ayant adopté ce dernier mode, il ne s’agit plus que de faire choix d’une maison qui présente toutes les garanties désirables sous les rapports des moyens d'exécution, de la moralité, du crédit et de la considération publique.
« Dès que celle maison aura été désignée et qu’elle aura acecpté, on lui fera connaître les quantités d’approvisionnement de toute nature à acheter, les points de réunion et les époques auxquelles elles devront être réunies; les conditions réglementaires imposées aux commissionnaires pour la justification de leurs achats, tant sous le rapport du contrôle de leurs opérations que pour la régularisation des achats et des livraisons, les modes de payement et les conventions quant aux commissions et aux frais accessoires. »
Gutte décision ministérielle du comte de Bourmont se trouve ên extenso aux notes de l'ouvrage de M. le baron Denniée, page 100,