‹ Histoire de la conquête d'AlgerChapitre 57 sur 128 · ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION

des hôpitaux, Ces constructions mobiles étaient établies dans la proportion de quinze cents malades. Elles offraient l'aspect de hangars de la largeur de 16 pieds et d’une longueur indéfinie ; elles ont été scimdées de manière à former des salles de cinquante lits. L'abri créé, je présenta au ministre un modèle de lits de fer, à fond sanglé, du poids de 18 kilogrammes ; nous emportâämes avec nous trois mille de ces lits avec leurs matelas, leurs couvertures et leurs draps.

Q À l'égard des moyens de transport, il ne fallait pas perdre de vue que l’intérieur du pays que l’armée allait aborder n’était connu que par la relation du chef de bataillon Boutin. Cette mcertitude sur la nature du terrain de la plage de Sidiel-Ferruch à Alger, me fit songer à employer aux transports de l'armée une espèce de caisson dont l'attelage à deux fins donnerait, tour à tour, des voitures dans les parties praticables, et des bêtes de somme dans les passages les plus difficiles. On adopta le modèle d’un caisson à deux roues, à timon et à pompe ; et cent vingt-huit de ces caissons furent construits en moins de vingt jours. Le harnachement des chevaux ou mulets affectés à leur attelage était combiné de telle sorte, que la sellette pouvait recevoir deux crochets destinés à supporter les fardeaux pour les transporter à dos. Toutefois, nous ne renonçâmes pas au caisson à quatre roues.

« Les équipages militaires furent composés de 128 caissons à quatre roues, 128 caissons à deux roues, 654 chevaux de trait, tous de 6 à 8 ans, et de 626 mulets de bât.

« Pendant que toutes ces choses se préparaient, la maison Sellières devait pourvoir à de nombreux achats pour les deux mois de la première commande. Elle réunit 4,777 quintaux métriques de farine blutée à vingt-deux pour cent, 5,280 de biscuits, 5,333 de farine blutée à dix pour cent, 360 de riz, 120 de légumes secs, 400 de sel, 1,500 de bœuf salé, 1,200

de lard salé, 4,000 bœufs, 500 kilogrammes bruts chacun, qui furent réunis dans le port de Cette, 9,000 hectolitres de vin, 188 d’eau-de-vie, 14,400 quintaux métriques d’avoine ou d'orge, 14,400 de foin pressé, 28,800 de paille, 10,000 de bois, 8,000 de charbon de terre, »

Dans sa sollicitude prévoyante, l'admimistration n'avait rien omis. C'est ainsi qu'on fit distribuer aux troupes un sac de campement par homme : un bidon en bois pour le vin, un en fer-blanc pour l’eau, une toile de shako en toile de coton blanche pour préserver la tête des effets du soleil, et une couverture pour trois hommes; 35,000 ceintures de laine, dans la prévision des froides nuits qui, sur la côte septentrionale de l'Afrique, succèdent aux jours brülants, complétaient cette distribution. On fabriqua 21 fours en fer battu pour servir à la cuisson du pain pour les premiers besoins de l’armée, et 80 fours en tôle. On emporta 4,100 caléfacteurs destinés à la cuisson des aliments et installés de mamière à recevoir la marmite de huit hommes. Dans les approvisionnements du service des hôpitaux, on comprit 3,000 kilogrammes de tablettes de bouillon.

On emportait tout, le bois, le charbon, jusqu'à 180,000 briques pour construire des fours, 4,840 tentes, des outils de campement pour 40,000 hommes.

Les deux mois d’approvisionnements, contenus dans des tonneaux, barils ou sacs, ne s’élevaient pas à moins de 78,645 colis. Tous ces colis avaient reçu une double enveloppe imperméable, afin de pouvoir être jetés à la mer, si la flotte était obligée par le temps de s'éloigner du rivage avant d'avoir débarqué les approvisionnements. On calculait que les courants qui portent à la côte se chargeraient, le cas

1 Précis historique et administratif, par le baron Denniée, page 9. Paris, 1830. |

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