MORT DE KHATR-EL-DINN
des corsaires et de devenir l’objet de leurs pèlerinages.
Pendant que Khaïr-el-Dinn portait si loin la renommée du roi d'Alger, le gouvernement qu'il avait créé dans cette ville restait confié au fidèle lieutenant devant lequel la fortune de Charles-Quint avait échoué, Sous Hassan-Aga, comme sous le fils de Khaïr-el-Dinn, Hassan-Pacha, qui gouverna Alger après sa mort, la politique de ce gouvernement fut la même : une lutte tantôt à ciel découvert, tantôt sourde et cachée, de la domination turque dont le siége était à Alger, contre la domination espagnole dont le siége était à Oran. Tunis, Tlemcen, plus tard Mehédiah, ne sont guère que les champs de bataille de ces puissances rivales qui fomentent des intrigues, excitent des révoltes contre les chefs qui représentent l’intérêt opposé. Les maîtres d'Alger ont, dans cette lutte, l'avantage de Ja communauté de la religion, qui les rend plus populaires que les Espagnols dans ces pays musulmans ; en outre, puissance africaine présente sur le théâtre de la lutte, et y disposant de toutes ses forces, ils n’ont affaire qu'à des lieutenants, séparés de la métropole par la mer, et souvent oubliés dans l’ardeur des guerres européennes, mal ravitaillés et mal soutenus. On remarque, dès ce temps, un fait prématuré sans doute, mais présage d’un assez prochain avenir. Quand Hassan-Aga mourut, la milice d'Alger lui donna un successeur, sans attendre le choix du Grand Seigneur. Cet essai d'initiative tombe plus tard devant le choix d'Hassan- Pacha, nommé par le sultan; mais il révèle déjà cet esprit d'indépendance qui régnait parmi la milice.