‹ Histoire de la conquête d'AlgerChapitre 89 sur 128 · REMISE DU TRÉSOR DE LA CASAUBAH · texte numérisé non relu

REMISE DU TRÉSOR DE LA CASAUBAH

Pfeiffer, cet Allemand que cinq ans de captivité avaient mis en relation avec tant d’Algériens, parle de même : « Je dois déclarer à la gloire de l’armée française, dit-il, que cette armée victorieuse, en prenant possession d'Alger, se conduisit plus noblement que ne l’eussent fait les troupes de n'importe quel autre peuple. »

De la flotte on avait pu suivre tous les mouvements de l'armée de terre faisant son entrée dans la ville, À midi, nos marins avaient vu disparaître le drapeau algérien du faite de la Casaubah et de quelques forts voisins. À deux heures cmquante minutes, 1ls avaient vu le pavillon du roi déployé sur le palais du dey, et successivement arboré sur tous les forts et batteries. Aussitôt l’armée navale le salua de vingt et un coups de canon, au milieu de cris répétés de : Vive le rot!

Le général commandant en chef l’expédition établit son quartier général à la Casaubah. Le général Montlivaut, commandant la 3° brigade de la troisième division, et qui occupait la porte de Bab-Azzoun depuis le matin, logea en ville un de ses régiments, le 34° (colonel de Roucy), afin de procéder à l'occupation de la caserne des janissaires. Le 55° (colonel Rulhières), même division, brigade Berthier, occupa la Marine. L’arüllerie établit son parc général sur les plateaux qui dominent de plus près la ville. Le reste de l'armée fut groupé autour d'Alger. Le licutenant général Berthezène se logea, avec la brigade Achard, dans la belle maison de campagne du dey, au nord de la ville, Le lieutenant général Loverdo s'installa en ville, et le lieutenant général des Cars resta, avec

queurs d'Alger resteront purs et sans reproche. En Afrique, comme en Espagne en 1825, le plus noble désintéressement n’a pas cessé de briller dans nos rangs à côté des vertus inhérentes au caractère du soldat français, »

1 Extrait du rapport du vice-amiral Duperré au ministre de la marine. Vaisseau /a Provence, baic d'Alger, le 6 juillet 1830.

une partie de sa division, dans sa position première, en arrière des consulats de Hollande et d'Espagne.

Au milieu de toutes ces dispositions, la nuit était venue: Le général en chef dicta, avant de prendre un peu de repos l’ordre du jour suivant, qui fut publié le lendemain, avec cette date :

« Au quartier général de la Gassambah !, 6 juillet 1830.

« La prise d'Alger était le but de la campagne : le dévouement de l’armée a devancé l’époque où il semblait devoir être atteint; vingt jours ont suffi pour la destruction de cet État, dont l'existence fatiguait l’Europe depuis trois siècles. La reconnaissance de toutes les nations civilisées sera pour l’armée d'expédition le fruit le plus précieux de ses victoires. L’éclat qui doit en rejaillir sur le nom français aurait largement compensé les frais de la guerre; mais ces frais mêmes seront payés par la conquête. Un trésor considérable existait dans la Cassambah. Une commission, composée de M. l’inten: . dant en chef, de M. le général Tolozé et de M. le payeur général, a été chargée par le général en chef d’en faire l'inventaire. Elle s'occupe de ce travail sans relâche, et bientôt le trésor conquis sur la Régence ira enrichir le trésor fran- Cais. )

Le même jour, c’est-à-dire le 6 juillet 1830, le vaisseau la Provence, sur lequel était monté le consul général Deval,après avoir éprouvé l’insulte, origine première de cette guerre; sur lequel le brave contre-amiral Collet avait fait sa dernière campagne en commandant le blocus d’Alger ; sur lequel le commandant la Bretonmière était venu proposer en vain une transaction, et avait vu son pavillon parlementaires

1 Nous transcrivons cette pièce sur l’un des ordres du jour distribués à Alger, en maintenant le mot de Cassambah, substitué par inadvertance à celui de Casaubah.

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