‹ Histoire de la conquête d'Alger, écrite sur des documents inédits et authentiques, suivie du tableau de la conquête de l'AlgérieChapitre 178 sur 183 · MUNITIONS DE GUERRE DES ALGÉRIENS · texte numérisé non relu

MUNITIONS DE GUERRE DES ALGÉRIENS

On pourrait dire qu'on ne fait h Alger ni canons, ni fusils, ni sabres, ni pistolets, ni poudre, ni pierres à fusil. Il y a environ six ans, on fondit quelque* canons par forme d'expérience. On avait dernièrement acheté du bronze pour en faire d'autres, mais on n'en a |>oint fait usage. Le fondeur est mort, et n'.t point été remplacé ; c'était un Espagnol .

On fait un peu de poudre; elle e>t mauvaise.

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Dans quelques endroits, des Kabyles, ou Maures des montagnes, font des fusils pour leur usage ; ils sont d'une très-mauvaise qualité.

Une petite partie des armes et munitions rient de Coastantinople ; le surplus est fourni par les puissances étrangères, ou acheté d'elles.

Si l'époque de l'opération était un peu éloignée, il ne serait pas sans importance de traverser ces dons, ou achats de poudre, fusils et pierres a fusil. Quant aux autres objets, et surtout aux canons, la Régence en a de reste.

L'artillerie de campagne est, a ce qu'il parait, peu considérable. Elle est sortie par des esclaves européens.

TROUPES XÉCESSAIIŒS A LEXPl'.DITlOX.

Dans les suppositions les plus fav orablos à l'ennemi, et qui sont les seules que la prudence permette de faire, les Algériens pourraient avoir 00,000 hommes, à peu près dans cette proportion :

Infanterie composée de Turcs fins et Koul-Oglous. . . . 10,000

Contingent de Constantine 50,000

Contingent d'Oran 15,000

Contingent de Titien :,,000

Les campagnes d'Égypte doivent fournir des données sur t e que peuvent valoir ces 00,000 hommes. L'infanterie serait à peu près la même; mais il s'en faut de beaucoup, à ce qu'on assure, que la cavalerie vaille celle des mameluks.

Quoi qu'il en soit, il ne parait pas qu'on puisse s'embai-qucr avec moins de 35 à 40,000 hommes. Si l'on parvient au château de l'Empereur sans aucune rencontre ou sans rencontre désavantageuse, et qu'on puisse tout de suite établir des batteries, on n'aura pas besoin de tant de monde; mais, s'il fallait avoir plusieurs affaires avant d'être maitredu terrain d'où l'on peut battre en brèche, on ferait nécessairement quelques pertes ; la prise des forts et surtout de la ville les augmenterait encore. Enfin, il ne faut pas moins de 10,000 hommes pour garder Alger et ses dépendances. Il y a loin du cap Matifoux à la pointe Pescade. Il faudiait même davantage si l'on avait ii craindre quelques tentatives de la part des Anglais et, par suite, des mouvements parmi les habitants. D'un autre côté, on ne peut guère s'en tenir à Alger et à la banlieue, quoique les environs, jusqu'à la plaine de la Mitidjah exclusivement, pussent suffire a la nourriture de la ville et de l'année. On aurait sans cesse à craindre les incursions des beys, les obstacles qu'ils pourraient mettre aux approvisionnements, etc.; il faudrait donc, dès qu'on serait maître d'Alger, songer a s'emparer de Constantine, Tittery, Oran, et surtout du premier point. Il resterait pour cela 20 h 25,000 hommes au plus, ce qui ne serait pas sûrement trop, si l'on considère les distances, le dissémineinent et tout ce qui peut arriver d'imprévu.

La' cavalerie est embarrassante à transporter; les environs d'Alger ne lui permettraient guère de donner, sauf dans l'intenalle de Sidi-Ferruch au camp.

Il parait aussi cpie, soit pour le bien de la chose, soit pour la singularité, il vaudrait mieux opjHiser de l'infanterie aux Maures.

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La cavalerie serait jiourtant nécessaire dans plusieurs cas, surtout dans les marclies un peu longues à travers des plaines ; il faudrait en avoir en tète et sur les deux flancs, pour n'être pas surpris trop à l'improviste. On suppose donc 2 à 3,000 hommes de cette arme.

La face du château de l'Empereur qu'il faudra battre en brèche est armée de 10 canons; on ne peut guère lui en opposer davantage directement; on établirait une autre batterie oblique contre l'angle méridional du même cote. Celle-ci serait particulièrement année de mortiers et d'obusiers. Une troisième d'enfilade serait placée ou un peu plus loin, sur un jioint d'où l'on découvre parfaitement les terre-pleins, ou très-près, sur un emplacement un peu bas; en comptant ce qui pourrait ètro mis hors de service ou pris, on voit qu'il ne faudrait jwis moins d'une quarantaine de pièces de position de toute espèce, d'autant qu'après la prise du château on pourrait attaquer à la fois la ville et le fort de Babasson.

Presque toute l'artillerie algérienne est de calibre européen; on pourrait s'en servir, en cas de besoin; mais il faut être pourvu de leurs affûts, ceux du pays sont en général mauvais. Ce sont des affûts de mer ou à roues pleines, d'un petit diamètre et qui ne sont |>oint roulants.

Il faut une artillerie de campagne, et de la plus légère; un peu d'artillerie a cheval est aussi nécessaire. On l'opposerait à cette compagnie de nouvelle formation dont nous avons parlé.

On parle ici de brèche et non d'assaut. Avec les Algériens, l'assaut ne doit être tenté que dans un cas bien clair; il faut éviter toute entreprise qui pourrait donner, par son résultat, du cœur à l'ennemi et produire un effet contraire parmi nos troupes. Une marche sûre finira toujours par être la meilleure. Cependant, si nous arrivions assez λ l'improviste pour pouvoir tenter ce moyen, il ne faudrait pas manquer de le faire, car, on le répète, le château de l'Empereur pris, le plus difficile, et presque tout, est fait.

Il sera donc bon d'avoir un approvisionnement d'échelles; elles doivent être faites dans la supposition d'un revêtement de 30 pieds de haut. Elles iront bien en les appliquant contre les embrasures, dont le bas se trouve à 3 ou \ pieds au-dessous de la crête intérieure du parapet. On pourrait en mettre deux jointières par embrasure. Ainsi la face en question serait assaillie par 20 hommes a la fois.

11 faut un nombreux personnel d'artillerie et du génie ; moins de circonstances tout à fait heureuses, il sera très-sage de fortifier un peu le camp. La nature du terrain obligera a morceler les attaques, et tout cela exige un plus grand nombre d'officiers. Quant aux hommes propres au service du canon, on n'en peut trop avoir, puisque toutes les fortifications d'Alger, la ville exceptée, ne sont que des batteries.

Les outils, ustensiles, matériaux, et même les gabions et fascines, sont des choses h avoir en alwndance.

On ne parle point de la force a donner a la flotte de transport, car, >i on voulait l'établir relativement à la force de l'ennemi, il faudrait connaître celle-ci

PIÈCES JUSTIFICATIVES

au moment du départ. On a dit tout ce qu'on savait de particulier â ce sujet en parlant des croisières anglaises.

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