TEMPS NÉCESSAIRE FOUR S'EMPARER D'ALGER ET DE SES DÉPENDANCES
Cet article est soumis à trop de chances pour qu'on puisse en parler autrement que par approximation. Mais si l'armée déblaye le terrain de manière que l'artillerie et le génie puissent tout de suite se livrer à leurs opérations, on pense que dans le courant d'un mois, a compter de ce moment-là, on doit être maître d'Alger et de ses dépendances, la marine pouvant être chargée de prendre les forts isolés, dont elle aurait peu à craindre, tels que les forts de Matifoux, de l'Eau et de la pointe Pcscade. Quant aux forts des Vingt-Qualre- Heures et des Anglais, ils se rendraient sans doute, tout le reste étant pris. Nons avons dit comment les attaquer dans le cas contraire.
Célérité et vigueur doivent être la devise de l'expédition. L'unité de commandement est aussi indispensable. Il faut aussi être pourvu, avec une certaine abondance, des choses nécessaires.
Cnc fois maître d'Alger, on ne pourra être trop attentif à établir une police sévère, mais juste, envers les habitants. D'un autre côté, respecter les mosquées, les femmes, les jardins ou maisons de campagne, et surtout payer exactement, sont des articles de rigueur. La violation d'un seul pourrait entraîner de grands malheurs.
Quant a l'intérieur du pays, dans la direction du sud, il faut songer à y pénétrer bien plus par la persuasion que par la force des armes; c'est surtout l'affaire du temps, et nous ne devons espérer ce résultat qu'en nous faisant aimer sur le littoral. Il faut que les gens qui viendront aux marchés et dans les ports soient, pour ainsi dire, nos précurseurs et nos avocats dans leurs tribus. En brusquant, en violentant, nous travaillerons contre nous-mêmes. Toutes les fois que la Régence envoie des troupes dans ces contrées pour faire razia ou rafle, ou pour tout autre objet qui contrarie les habitants, ceux-ci cachent leur grain, plient tentes et bagages, et se retirent sur des montagnes inaccessibles, où ils cultivent sur des terres rapportées, s'il le faut, tout juste le nécessaire pour leur subsistance. C'est une chose très-reinarquabîe que, depuis neuf ans, les troubles occasionnés par les vexations du dey, des beys, etc., ont porté un si grand nombre de cultivateurs dans les montagnes, que ce pays, qui. auparavant, exportait une quantité immense de grains, n'en récolte presque plus que pour sa propre consommation.
r,5* HÈCBS JUSTIFICATIVES.