‹ Histoire de la conquête d'Alger, écrite sur des documents inédits et authentiques, suivie du tableau de la conquête de l'AlgérieChapitre 2 sur 183 · LA COTE SEPTENTRIONALE DE L'AFMQLK DA>S L'ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

LA COTE SEPTENTRIONALE DE L'AFMQLK DA>S L'ANTIQUITÉ

L'Algérie, un coup d'œil jeté sur la carte suffit pour s'en convaincre, même en laissant de côté les renseignements de l'histoire, a une importance considérable, tant par l'étendue de son territoire que par sa position. Placée sur la côte septentrionale de l'Afrique, entre Tunis et Maroc, qu'elle disjoint, entre Gibraltar et Malte qu'elle sépare, à soixante lieues de la première de ces sentinelles britanniques, à cent lieues seulement de la seconde que l'Angleterre regarde de si loin , cette contrée, qui occupe une côte de deux cent cinquante lieues, à cent trente heures de Paris au moment de notre conquête, distance raccourcie de près de moitié depuis par la vapeur, à

trois jours de Toulon et de Marseille, forme la base irrégulière

d'un triangle dentelé à son sommet, et qui, par Marseille, Toulon, Gènes et Livourne, vient s'inscrire à angle droit dans l'Europe. L'Espagne, depuis Gibraltar jusqu'aux Pyrénées, les côtes du Languedoc, de la Provence, de Gênes, et la Toscane, les Élats de l'Église, le royaume de IS'aples prolongé par la Sicile, forment les deux côtés de ce triangle, avec une brèche qui, ouverte à la gauche, entre le cap Bon, sur la côte de Tunis, et Marsala, sur la côte sicilienne, donne passage à la Méditerranée vers l'Asie. Au milieu du bassin bordé par ces plages historiques, la Sardaigne, la Corse, les Baléares, apparaissent comme des stations intermédiaires qui rapprochent des côtes déjà si voisines, et Malte garde celle des portes qui s'ouvre sur l'Asie, de même que Gibraltar garde la porte par laquelle la Méditerranée communique avec le grand Océan.

Cette terre, qui faisait partie de l'ancienne Barbarie, a, du nord au midi, une largeur assez mal déterminée. « Les géographes, dit un écrivain dont l'ouvrage fait autorité1, la poussent jusqu'au grand désert, quoique toute l'étendue de ce pays ne reconnût pas la domination des deys d'Alger. La contrée est sillonnée longitudinalement de l'ouest à l'est par deux chaînes de montagnes, bordant, au nord et au sud, une série de plateaux élevés qui en forme la zone centrale. Cette chaîne se détache de l'Atlas, soustrait aux études européennes par la difficulté de pénétrer dans le Maroc, où il est situé. Les géographes ont donné son nom à ses deux ramifications algériennes ; ils ont appelé petit Atlas celle du nord, et grand Atlas celle du Sud : dénominations défectueuses, car on trouve les pentes les plus abruptes et les sommets les plus élevés précisément dans la partie désignée sous le nom de petit Atlas.

« Quelques chemins transversaux vont çà et là d'une chaîne à l'autre en coupant les plateaux du centre, qu'ils partagent en diverses régions , tantôt ridées par des ondulations de terrain , tantôt planes et en partie couvertes par de vastes amas d'eau

1 M. B. Pélbsier de Rernaud, Annales algériennes, V édit., p. 1.

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