‹ Histoire de la conquête d'Alger, écrite sur des documents inédits et authentiques, suivie du tableau de la conquête de l'AlgérieChapitre 3 sur 183 · DESCRIPTION GÉOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION GÉOGRAPHIQUE

Salée , connues sous le nom de sebkahs : ce sont des lacs dans la saison des pluies; dans les attires saisons, l'eau, s'évaporant, ne * laisse sur le sol qu'une nappe de sel cristallisé. Les sebkahs sont les récipients des torrents qui n'ont pu s'ouvrir une issue à travers les chaînes, soit que leur peu de puissance ne leur ait pas permis de creuser des vallées d'érosion, soit que les combinaisons du soulèvement des masses rocheuses aient opposé à leurs efforts d'immuables obstacles.

« Les plaines qui se déroulent au pied de la chaîne septentrionale, sur les points où elle est le moins éloignée du littoral, sont généralement séparées de la mer par des collines terreuses dont les pentes fécondes couronnent le rivage d'un feston de verdure et réjouissent les regards des navigateurs. Ces collines forment ce qne l'on appelle généralement le sahel (rivage), en le subdivisant par localité, comme le sahel d'Alger, le sahel de Gherchel, le sahel de Bone. Le pays qui vient après, jusqu'à la chaîne méridionale, est assez souvent désigné, dans l'ouest surtout, sous la dénomination générique de Tell. Quelques personnes ont cru voir dans ce mot un dérivé du mot latin tellus, comme si l'on avait voulu indiquer ainsi la terre par excellence, la terre à céréales, par opposition au Sahara, qui n'en produit point; c'est une erreur; cette expression, purement arabe, signifie haut pays, pays élevé.

« Le Sahara, que nous venons de nommer, s'étend au delà de la chaîne méridionale. C'est une vaste zone de plaines sablonneuses, du sein desquelles s'élèvent, comme des îles, de belles oasis de palmiers1. Au delà règne le désert et ses mystères.

«e L'Algérie est arrosée par beaucoup de petits cours d'eau; mais il n'y a pas de rivière considérable, la constitution géolo-

' U faut ajouter à ces détails donnés par M. Pélissier, que le mot Sahara ne signifie point désert, mais plaine, par opposition à Tell, qui indique les lieux élevés. Les versants du Djebel-Sahara sont bordés et coupés de vallées <Tou s'échappent, même en été, dos sources abondantes. On y trouve quelques montagnes peu élevées, donnant naissance à des sources. Enfin, a la saison des pluies, c'est-à-dire en hiver, une grande portion des plaines du Sahara

gique du pays ne le comportant point. Le climat est assez généralement sain et tempéré ; le sol est presque partout fertile et se prête à une grande variété de culture : il est, sur plusieurs points, d'une admirable beauté. Cette contrée féconde produit, ou est susceptible de produire tout ce qui est nécessaire à la satisfaction des besoins matériels et sociaux de l'homme. »

La destinée d'une contrée aussi privilégiée et ainsi placée sur une mer qui baigne à la fois l'Afrique, l'Europe et l'Asie, semble écrite dans sa position géographique. Comme toute cette partie de la côte septentrionale de l'Afrique, elle parait avoir été primitivement habitée par des peuples que l'antiquité désignait sous le nom générique de Libyens, et dont on retrouve aujourd'hui encore les types principaux dans les Berbères ou Kabyles, qui se rencontrent dans toutes les montagnes du Tell, depuis Tunis jusqu'à Maroc, réfugiés, selon l'usage des populations primitives chassées par de nouvéaux arrivants, sur les portions montagneuses et naturellement fortifiées du littoral méditerranéen. Malgré des dissemblances de détail, la trace de la communauté d'origine est visible dans la langue, les traits physiques, le caractère et les habitudes. Ces populations, c'est la grande division qu'on peut établir dès le principe, sont sédentaires ou nomades. Les nomades, ou les Numides, pour leur donner leur nom historique, résistent à l'action des siècles qui passent sur eux sans les changer. Ces tribus errantes de cavaliers indépendants, intrépides , maigres et basanes, montés sur des chevaux de pauvre apparence comme eux-mêmes , mais ardents et infatigables, qu'ils guident avec une corde tressée de joncs, les Phéniciens de Carthage et les Grecs de Cyrène les ont rencontrés, il y aura tantôt deux mille cinq cents ans. Les Romains, puis les

nigérien se courre d'herbes, et fournit aux troupeaux d'abondants pâturages; <•« sol brûlant n'est pas impropre à la culture, avec de Peau il devient fertile; «»r il y a sous le Sahara une vaste nappe d'eau que les indigènes appellent la mer intérieure, et qu'on rencontre quelquefois à quelques mètres du sol, ^(•n^ralement à soixante-dix ou quatre-vingts mètres. (Voir la Guerre et le flniiverncment de F Algérie, par Louis de Baudicour.)

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