ÉTABLISSEMENT DBS TURCS A ALGER. - BARBARIE. - PIRATERIE
Quel était donc l'événement qui, donnant des proportions inattendues à la piraterie sur la côte septentrionale de l'Afrique, créait ce nouveau péril que le cardinal Ximenès s'efforçait de conjurer dans les derniers temps de sa vie? Un nouvel élément apparaissait sur cette côte occupée par les Arabes et les Berbères, les Turcs, vers le milieu du quinzième siècle, jetaient les bases de leur établissement.
C'est ici que l'histoire d'Alger commence, et elle s'ouvre sur la vie des deux pirates les plus terribles dont les mers aient conservé le souvenir, nous voulons parler des Barberousse \
1 Pour tout ce qui concerne les Barberousse, la part prise par eux aux guei^
Quelle était leur origine, leur famille, leur pays? D'où venait leur nom? Questions controversées et controversables/ On a fait d'eux tour à tour les fils d'un Lesbien, d'un Albanais, d'un Sicilien, d'un Français. On a longtemps répété que leur nom venait de la couleur de la barbe de l'aîné; puis on a dit plus récemment que ce nom de Barberousse pourrait être dérivé de ces deux mots arabes Baba-Haroudj, mal prononcés par les Européens. Les Arabes, en effet, faisaient précéder le nom de l'aîné des deux frères Haroudj du mot Baba, qualification qu'ils donnaient et donnent encore à tous les Turcs. Toujours est-il que Baba-Haroudj , que nous appelons Barberousse, était un de ces génies singuliers entre le grand homme et le brigand, souillé de trop de crimes pour mériter entièrement le premier de ces titres, doué de trop éminentes qualités pour être flétri d'une manière absolue de la seconde de ces deux appellations, un de ces caractères vigoureux et entreprenants, qui, dans les époques troublées, s'ouvrent une large place, comme ces boulets que rien n'arrête.
Les premières années de Baba-Haroudj sont remplies d'entreprises hardies, de coups de main violents, d'aventures. 11 connut les hauts et les bas de la fortune. Chef de la chiourme à bord d'une galère turque, il est pris à la hauteur de Candie par les chevaliers de Rhodes. Après deux ans de captivité, pendant lesquels il rame sur les galères de l'ordre, il parvient à briser sa chaîne au milieu d'une tempête, et atteint, à travers mille périls, la côte à la nage De retour à Constantinople il est repoussé par les trésoriers de la marine, qui lui reprochent sa galère perdue; et, pour gagner son pain, il devient successivement portefaix, journalier, conducteur de barque. Un meurtre et un vol lui fournissent les moyens de commencer sa vie de pirate. Engagé comme timonier à Constantinople, à bord d'une galère armée en corsaire avec un brigantin, il tue d'un coup de hache son maître endormi, soulève l'équipage, et se fait re-
res de leur temps et les expéditions de Charles-Quint, nous nous sommes trèsutilement servi du consciencieux ouvrage de M . de Rotaher, intitulé Histoire <T AIçct.
lonnaitre par lui comme chef. Avant de commencer ses courses, il aborde à l'île Métclin, sa patrie, dit-on, et où du moins résidait sa mère; il promet à celle-ci de grandes richesses, emmène son frère Khaïr-el-Dinn, aussi audacieux que lui, lui confie son briganlin, Fait monter sur son propre navire Ishaac, un autre de ses frères. 11 est, dans ce moment, l'ennemi des Turcs, dont il redoute la justice, comme l'ennemi des chrétiens ; c'est un outlaw à qui tout est bon comme proie.
Sa première prise est même une galiote turque. A grand'peine il laisse la vie au capitaine qui la lui demande en promettant d'être, jusqu'à la fin de sa vie, son fidèle esclave. Sa fortune commence avec sa seconde prise, qui est bien plus importante ; c'est un navire qui transportait à Naples trois cents Espagnols, et j>armi eux soixante gentilshommes. La rencontre eut lieu devant l'île de Lipari. Le combat dura trois jours. Après une résistance acharnée, les pirates triomphèrent. Le butin était considérable. Baba-Haroudj, habile à profiter de ses avantages, entre en grande pompe à Tunis, conduisant en triomphe son butin, ses esclaves, au nombre desquels on remarque quatre jeunes filles d'une grande beauté, montées sur des mules ; les corsaires, couverts de riches habits, fermaient le cortège, en agitant leurs étendards. Cette espèce d'ovation, qui avait l'avantage de frapper vivement l'esprit des populations, se termina par un beau présent en esclaves et en marchandises offert au souverain de Tunis, qui reconnut cette offrande politique en [>ermettant à Barberoussc de choisir, parmi ses navires, celui qu'il jugerait le plus propre à la course.
L'histoire de Barberousse est, à partir de ce moment, une suite d'entreprises hardies jusqu'à la témérité, tentées avec le concours d'hommes sans foi ni loi, mais aussi sans peur. Tantôt ce sont des rencontres de mer qui mettent l'intrépide pirate aux prises avec des bâtiments supérieurs en force et en nombre, les galères du pape, les vaisseaux de l'Espagne, dont cependant il s'empare à force de courage, de ténacité, de présence d'esprit; tantôt ce sont des descentes imprévues sur le
littoral de la Méditerranée et de ses îles, avec des pointes rapides vers des châteaux que l'on pille après des combats sanglants.
Barberousse trouve dans les pirates de l'île de Gelves d'utiles auxiliaires pour ses entreprises. Ce n'est point seulement un voleur de mer, c'est un énergique soldat, un habile capitaine qui compte pour rien le danger, les obstacles, quand il s'agit d'atteindre une riche proie. L'intuition de son avenir jette déjà de brillants reflets sur sa vie de brigandage. 11 étudie en passant les fortifications d'Alger comme s'il pressentait que ce lieu sera le théâtre de sa puissance. Il propose au roi de Tunis le siège en règle de Bougie, occupé par les Espagnols depuis l'expédition du cardinal Ximenès. C'est ainsi qu'il s'apprête à franchir la limite qui sépare la fortune du pirate de celle du conquérant.
Le trait le plus marqué de ce singulier caractère, c'est une énergie indomptable , une infatigable ténacité. 11 échoue une première fois dans le siège de Bougie, tenté de concert avec le roi de Tunis et un cheik arabe, son allié ; il y perd même un bras atteint par un biscaïen. Depuis ce temps, les chrétiens l'appelèrent Barberousse-le-Bras-coupé. Loin de céder au découragement, il tente, tout blessé qu'il est, une descente sur la côte d'Espagne, et, l'année suivante, il recommence le siège de Bougie. Cette fois son frère Ishaac y périt; la canonnade, les assauts, tout demeure inutile, et, une expédition partie d'Espagne le menaçant du côté de la mer, il ne lui reste qu'à brûler ses vaisseaux engravés par la baisse des eaux, dans l'Oued-el-Kebir. Pour le coup, sa situation semblait désespérée. La plupart de ses compagnons, enchaînés à leur chef par le succès seulement, l'avaient abandonné, lui-même il se croyait perdu sans retour, quand le cheik arabe^Bcn-cl-Kady lui demanda s'il voulait le suivre à Gigel.
Ce fut pour Barberousse un port de salut où il put attendre un retour de fortune. La difficulté de sa position consistait en effet dans la nécessité où il était de tenir sans cesse la mer sans avoir d'autre refuge que les ports du littoral africain, ou-
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verts devant ses succès et ses prises, mais qui se fermaient devant ses revers. L'obligation de toujours réussir est une obligation pesante aux hommes les plus forts, quand on considère l'inconstance naturelle des choses humaines, et ce qu'il y a de plus malheureux pour un individu ou pour un gouvernement, c'est de ne pouvoir vivre qu'à condition d'être toujours heureux.
De là sans doute ce désir si vif de s'emparer de Bougie et cette préoccupation clairvoyante qui avait engagé de bonne heure Rarberousse à étudier la situation d'Alger. C'était àGigel. comme l'a dit l'historien espagnol Sandoval, que « la fortune devait venir le chercher pauvre et affligé pour le faire roi. »
Quand les habitants d'Alger apprirent, en 1516, la mort de Ferdinand, roi de Castille, le vainqueur des Maures de Grenade, ils espérèrent secouer le joug des Espagnols, qui, du château construit par eux sur le rocher qui commandait la ville1, la tenaient en échec. Leur seule industrie était la piraterie ; depuis qu'elle leur était interdite, la ville était appauvrie. C'est en vain que, dans l'espoir de chasser les Espagnols, elle s'était donnée à un cheik arabe puissant dans la plaine, Selim Eutémy. Le nom de Baba-Haroudj était populaire dans toute les villes barbaresques ; les Algériens et Eutémy lui-même, pensèrent que seul il pourrait faire réussir une entreprise à laquelle la mort de Ferdinand et l'âge toujours croissant du cardinal Ximenès semblaient donner des chances. Barberousse mesura d'un coup d'œil la grandeur de l'occasion offerte à son audace et accepta la proposition sans hésiter. 11 arma ce qu'il put de bâtiments et fit voile vers Alger, tandis que son hôte, Ben-el-Kady, à la tôte d'un certain nombre des siens, s'y rendait par terre.
Alger, dont l'enceinte était, au seizième siècle, ce qu'elle est restée de nos jours, n'avait ni le port qu'elle devait avoir sous la domination des Turcs, ni les forts qu'ils élevèrent sur les différents poiuts de la cote pour en défendre les approches, ni les formidables batteries qu'ils dressèrent sur le Pcgnon, ni le châ-
1 Le Pciion d'Alger, aujourd'hui réuni a la ville par une jetée.
teau de l'Empereur. La ville devait s'embellir en raison des richesses qui y affluèrent; mais sa situation en amphithéâtre au bord de la mer, sur la rive ouest d'une rade foraine, dont le cap Matifou et le cap Caxine Tonnent les deux extrémités, était ce qu'elle est encore aujourd'hui, avec les hautes montagnes qui l'a voisin ont, l'aspect pittoresque de leurs pentes ravinées, et, derrière le massif qui la porte, la vaste plaine de la Mitidjah, qui longe l'Atlas pendant une étendue de vingt-cinq lieues, et dans laquelle de nombreuses tribus arabes plaçaient leurs demeures, à la proximité des immenses pâturages où ils envoyaient leurs troupeaux. Les gorges les plus abruptes de l'Atlas étaient, comme elles le sont aujourd'hui, occupées par des tribus de Kabayles ou Berbères, jaloux de leur indépendance maintenue sous les diverses dominations qui avaient passé sur ce pays, dont ils étaient vraisemblablement les habitants primitifs, comme on le reconnaît à la forte empreinte du type de leur race, si différente de la race arabe.
En arrivant à Alger, Barberousse avait déjà conçu la pensée de s'en emparer. Mais il fallait essayer d'abord de délivrer ses habitants de la forteresse espagnole, dont la vue, dit la chronique arabe, « était pour eux comme une épine qui leur perçait le cœur. » Barberousse l'entreprit. 11 ne lui était pas réserve de réussir, mais le siège du Pegnon lui servit de prétexte pour appeler de tous côtés des Turcs que l'appât d'une solde éhvée, le goût de la guerre, l'espoir d'arriver promptement à la fortune sons le commandement d'un homme de cette trempe, attiraient en foule dans Alger. Son frère Khaïr-el-Dinn, qui, depuis leur désastre commun devant Bougie, habitait Tunis, lui en envoya un grand nombre, et vint bientôt l'aider de sa personne.
lie cheik arabe Eutémy s'aperçut trop tard qu'il avait introduit dans Alger un auxiliaire plus dangereux pour lui que les Espagnols eux-mêmes. Les Turcs, supérieurs aux Arabes par leurs armes (car ceux-ci ne se servaient encore que d'arbalètes et de lances et n'avaient point de canons), par leur discipline, par leur habitude de la guerre, étaient en réalité le* maîtres
LES BARBEROdSSE.
d'Alger. Barberousse, qui avait la conscience de sa force, s'empara de la ville, qui devait être le centre de sa domination, comme il s était emparé de sa première barque, par la trahison et le meurtre. Il étrangla Eutémy avec la toile de son turban, se ût proclamer roi d'Alger; et, pour affermir son pouvoir naissant, il le plaça, par une inspiration vraiment politique, sous la protection de la Porte, en demandant l'investiture au Grand Seigneur, qui la lui accorda. Maître d'Alger, il abandonna le siège du Pegnon pour fonder d'abord sa domination sur ce point de la côte d'Afrique, fortifia la Casaubah, l'arma de pièces d'artillerie, appela sous son drapeau tous les Turcs qui voulurent s'enrôler. Sans cesse en guerre avec les tribus voisines et aveu les villes situées sur la côte, il triomphe des unes et s'empare des autres, tantôt par la force, tantôt par la trahison. C'est ainsi que Tenez et Cherchel tombent dans ses mains. De sanglantes exécutions établissent son pouvoir et le maintiennent. Les Arabes de la plaine et les habitants d'Alger, poussés au désespoir, regrettent les Espagnols, entrent en pourparler avec eux pour se délivrer de leur nouveau tyran ; Barberousse, qui découvre leurs menées, fait tomber des tètes et éteint les révoltes dans le sang. Le brigand et le pirate se laissent toujours voir derrière le soldat, le souverain et le conquérant.
Bientôt un péril plus grand le menace. Le cardinal Ximenès, voyant les côtes de l'Espagne de nouveau insultées et pillées par les corsaires qui avaient trouvé une rade assez éloignée du Pegnon pour y abriter leurs navires, fait les préparatifs d'une expédition. Mais les troupes, levées à la hâte, mal disciplinées, mal conduites par Diego de Vera, qui s'était pourtant fait une réputation dans les guerres d'Afrique, ne reparaissent devant Alger que pour essuyer un désastre (1516). Trois mille Espagnols sont tués, quatre cents faits prisonniers, et Diego de Vera, qui n'a pas même honoré son malheur par son courage, étant de retour dans son pays, entend les enfants répéter à ses oreilles des refrains populaires dans lesquels on lui reproche de s'être laissé battre, lui qui avait ses deux bras, par Barberousse-le-Bras-
n ALGÉRIE : ORIGINES HISTORIQUES.
coupé. Le désastre des Espagnols met le comble à la renommée de celui-ci. Son pouvoir grandit par la terreur qui s'attache i son nom et par le prestige du succès, puissant partout, plus puissant encore chez des populations qui admettent le dogme de la fatalité.
Ce centre de force qu'Haroudj, aidé de son frère Khaïr-el-Dinn, avait créé au milieu de l'anarchie qui régnait sur cette côte d'Airique, eierce une puissante attraction, et c'est ainsi que sa do mination tend sans cesse à s'accroître. 11 est appelé à Tlemsen par une des factions qui déchirent cette ville; il y entre après avoir gagné une bataille sur les Arabes, qui tiennent pour le parti dominant; l'autre parti se confie dans le serment qu'il a prêté sur le Coran de rendre le pouvoir au prince détrôné. Qu'était-ce qu'un serment pour la conscience d'un pirate qui avait monté le premier degré de sa fortune par la trahison et par le meurtre, et qui, depuis, n'avait cessé de s'élever par les . mômes moyens? Il viole son serment, fait périr indistinctement tous les princes de la famille régnante en les faisant jeter dans un lac, et prend, au spectacle de leur agonie, un plaisir de bôte féroce. 11 couronne ces exécutions en faisant mettre à mort les soixante-dix principaux habitants de la ville, afin, dit-il, qu'ils ne trahissent pas leur nouveau maître comme ils ont trahi leur roi naturel. En même temps, ses exactions et ses violences contre les Arabes de la plaine augmentent chaque jour.
Cette politique de crime et de sang, qui lui a réussi jusque-là, tourne enfin à sa perte. La crainte qu'il inspire devient moins forte que l'indignation et le désespoir ; les tribus arabes se soulèvent et demandent le secours des Espagnols.
Don Carlos, depuis Charles-Quint, qui venait de monter sur le trône, ordonne à don Diego Fernandez de Cordova, qui commandait pour lui à Oran, de leur porter secours. Barberoussc est assiégé dans Tlemsen par les Arabes et les Espagnols unis. Les Turcs envoyés à son secours par son frère Khaïr-el-Dinn, qu'il a préposé à la garde d'Alger, ne peuvent arriver jusqu'à lui; après un premier succès qui les enivre et leur ôte toute pru-
dence, ils sont surpris à leur tour et exterminés par Martin d'Argote, parti d'Oran à la tête de deux mille Espagnols. Il n'y a plus d'espoir pour Barberousse. La ville où il se défend le hait, la plaine qui l'entoure est au pouvoir des tribus d'Arabes ses ennemis. Martin d'Argole et ses Espagnols, après avoir détruit le corps auxiliaire que le Turc attendait, s'est hâté de marcher sur Tlemsen pour concourir à sa perte. 11 faut fuir. Barberousse s'échappe, avec les Turcs qui lui restent, par une porte mal surveillée; mais, bientôt découvert, il est suivi de près par ses ennemis. Dans cette extrémité, Ben-el-Kady, cet utile et constant ami, qui lui était resté Adèle après et depuis son désastre devant Bougie, se sépare de lui. C'est le signal de sa perte. En vain, pour retarder la poursuite des Espagnols, fait-il répandre sur la route où ils le suivent les trésors qu'il avait emportes avec lui. « Les Espagnols, dit Sandoval, s'ils avaient des mains pour prendre, avaient des pieds pour courir. » Barberousse, atteint par eux dans sa fuite désespérée, se jette accablé de fatigue, mourant de soif, dans une enceinte entourée d'un mur de pierres ««èches, où, suivi d'un petit nombre des siens, il ne songe plus qu'à vendre chèrement sa vie. Après une résistance à outrance, il est jeté à terre d'un coup de lance, et, combattant encore, quoique blessé, il ne cesse de frapper ses ennemis qu'en cessant de vivre. Sa tète, coupée, fut portée à Oran comme un trophée. S'il faut en croire un historien, on fit plus, on l'envoya en Espagne. «La tète de Barberousse, lit-on dans une ancienne traduction de Paolo Jovio, transmise et portée sur une lance tout à l'entour de l'Espagne, apporta liesse singulière aux peuples, et principalement maritimes, pour ce que la seureté, dès longtemps souhaitée, sembloit estre rendue à leur rivage. »
Ainsi finit, en 151 8, à l'âge de quarante-quatre ans, cet homme de combat et de lutte, haï et craint par ses ennemis, aimé et suivi avec enthousiasme par les compagnons de ses aventures, qu'il récompensait magnifiquement et qui avaient foi dans son courage à toute épreuve, sa fortune et son génie. Soldat intré-
pide, capitaine expérimenté, politique habile, rusé, perûde, saas scrupule et sans entrailles, c'était une forte intelligence ; mais il lui a manqué un grand cœur pour être un grand homme. Ses vices, comme ses qualités, trouvèrent leur emploi dans le temps et le milieu social où il parut, et c'est à cette circonstance qu'il dut de pouvoir fonder sur la côte d'Afrique ce gouvernement étrange comme lui, et profondément empreint de son génie, dans lequel la souveraineté et le brigandage, la guerre et la piraterie, la politique et la violence, le fanatisme et le pillage, se trouvaient si singulièrement et cependant si puissamment mêlés, que l'œuvre de Barberousse a duré trois cents ans.
AI.GER SOCS LE SECOND BARBEROUSSF.. - SON lHSTOlfîi MEI.ÊK