‹ Histoire de la conquête d'Alger, écrite sur des documents inédits et authentiques, suivie du tableau de la conquête de l'AlgérieChapitre 90 sur 183 · DÉPART DE PALM A · texte numérisé non relu

DÉPART DE PALM A

rés immobiles et n'avaient point essayé de nous barrer le chemin. Vers le temps ou noire flotte quittait pour la seconde fois PaJma, lord Stuart, ambassadeur d'Angleterre, était venu avertir le prince de Polignac « que l'amiral anglais commandant dans la Méditerranée lui avait mandé qu'il rappelait à lui tous les bâtiments de guerre qui se trouvaient dans la partie de la Méditerranée que devait traverser notre flotte, afin d'éviter tout soupçon que son gouvernement voulût entraver notre marche1. » Les chemins étaient donc ouverts.

« Le 12 juin, à la pointe du jour, dit une dépêche du commandant en chef, on découvrit la cote d'Afrique; mais la force toujours croissante du vent et l'agitation de la mer firent regarder le débarquement comme impossible. La flotte s'éloigna momentanément de la terre; des bâtiments légers furent dirigés vers la presqu'île de Sidi-Fcrruch et les deux plages adjacentes. La certitude qu'on avait d'y trouver un mouillage favorable, l'abri qu'offraient contre les vents régnants la direction et le relief de la côte, la nature du terrain, qui, découvert jusqu'à quatre mille métrés de la mer, ne permet pas à l'ennemi de s'embusquer, avaient depuis longtemps appelé l'attention sur celte partie du littoral*. »

Les circonstances de mer ne se trouvaient guère plus favorables que lors de la première apparition de la flotle devant Alger. «Pendant la nuit du 11 au 12, dit un historien compétent V

1 Voici le passage textuel que nous copions sur l'original de la lettre écrite par le prince de Polignac au général comte de Bourmont, à la date du 16 juin 1 X50 : « Le gouvernement anglais devient moins ombrageux au sujet de notre expédition d'Alger. L'amiral commandant dans la Méditerranée (et je m'imagine qu'il n'agit pas sans ordre ) a mandé à lord Stuart qu'il rappelait à lui tous les bâtiments qui se trouvaient dans la partie de la Méditerranée que doit traverser notre floUc, afin d'éviter tout soupçon que son gouvernement voulût entraver notre marche. »

Documents et correspondances communiqués par la famille du maréchal de Bourmont.

a Dépêche du commandant en chef. Sidi-Ferruch, 1-4 juin 1850. r' M. Chasseriau dit : Pendant la nuit du 12 an 13, mai-, il y a évidemment une erreur de date. En effet, le biographe de l'amiral Duperré dit à la

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dont le récit contrôle celui du général en chef, l'horizon de plus en plus chargé s'illumine d'éclairs partant du sud-ouest au sud-est; des grains fréquents se lèvent dans l'ouest; ils pas sent au vent qui souffle de l'est avec force; la mer grossit et mugit autour de la flotte, dont rien n'égale l'imposant aspect. Le 12 1 juin, au jour. Alger et le cap Caxinc apparaissent du sud-sud-ouest au sud, à la distance d'environ 12 milles. »

Cette apparition d'Alger produisit un effet électrique sur l'armée. Enfin les deux adversaires se trouvaient en présence, la ville imprenahle et l'année française : un i mineuse cri de Vive le roi! s'éleva sur la flotte; puis un silence profond succéda comme dans les occasions solennelles. On espérait que l'action allait commencer, et l'on étudiait du regard celte cote pittoresque avec ses mouvements onduleux de terrains qui, couverts de jolies maisons de campagne, montent doucement vers Ja ville bâtie en amphithéâtre. Pendant que l'armée, suspendue entre l'espérance et l'anxiété, attendait le signal, le vice-amiral en chef se demandait dans un profond recueillement s'il serait prudent, en présence d'une mer diflicile ci d'un vent violent, de conduire une flotte si nombreuse à un mouillage inconnu* :

« 11 ne le pensa pas. Son opinion fut confirmée par celle de M. Massieu de Clairval, qui avait pu juger de l'état de la mer aux atterrages, avant de rallier l'armée avec la Sirène, à trois heures du matin. Au grand mécontentement de l'armée expéditionnaire, qui brûlait de joindre l'ennemi, M. le vice-amiral Duperré donna l'ordre à la flotte de s'éloigner de la cote, en prenant le bord du nord. Aussitôt la flotte cherche, mais vainement, à s'élever dans le vent. L'anxiété est à son comble quand, par un retour de la fortune de la France, le vent s'établit à midi dans la région de l'est; le temps s'embellit bientôt, la

pa<;c suivante fp. 209) : « Le 15 juin, au jour, le vent était frais, le cirl

nuageux; mais le baromètre montait, et le temps paraissait s'embellir. M. h' vice-amiral Duperré donne l'oitlrc de formel' la ligne de bataille. »

1 Nous rectifions la date.

* Vie de l'amiral Duperré, par Chasseriaa.

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