LUTTB CONTRE L£6 DÉBRIS DS LA DOMINATION TURQUE
vité que rien ne lasse, l'audace que rien n'étonne, rimpétuosité que rien n*arrête, avec une certaine iadépendaiice de caractère qui exige, de la part de ceux qui commandent, une fermeté inébranlable sur les points essentiels, tempérée par une indulgence calculée sur les points secondaires. Avec une pareille troupe bien menée, on devait faire et Ton fit des prodiges. Plusieurs des officiers les plus distingués de Tarmée commandèrent successivement les zouaves.
Dans ces corps mixtes qui mettaient en présence les deux nationalités, dans les bureaux arabes, où Ton se trouvait également en contact avec l'un des principaux éléments de la société algérienne, et dans un petit cercle d'officiers portés à la méditation, naquirent les idées qui montèrent peu à peu dans les régions plus élevées , et rallièrent tous les esprits droits au système dont Tadoption devait amener la pacification et la soumission de l'Algérie. On découvrit que la tribu était Tanalogue oriental de la commune, qu'au lieu d'essayer de la détruire il fallait Taccepter et remployer. Ceux qui, accueillant cette découverte, pensèrent qu'on pouvait organiser quelque chose en Algérie, furent , dans ces premiers moments, peu nombreux. La plupart arrivaient avec la routine des idées reçues, et ce lieu commun théorique qui dispense de
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toute réflexion : là où est le drapeau français , là est la France avec ses lois, ses codes, ses insti* tutions, ses habitudes et ses mœurs. D^autres, moins naïfs, regardèrent, au commencement de leur séjour, T Algérie comme un champ de bataille héroïque où la France pouvait former ses armées à la guerre. Mais quelques-uns persistèrent à croire que l'Algérie pounaiL devenir autre chose qu'un champ de bataille, si Ton renonçait à tenter la destruction violente de Tunité élémentaire et indestructible du pays, la tribu arabe ou kabyle , et que si Ton entrait en relation avec les populations, si on consentait à les gouverner d'une manière conforme à leur génie et à leur manière d'être, on obtiendrait des succès plus précieux et plus durables que les succès militaires. On sourit la première fois que ces idées furent énoncées. Un peu plus tard , on les écouta davantage, mais on accusa ceux qui les émettaient de vouloir renouveler le gouvernement des Turcs. Le jour allait venir où ils seraient compris, et le maréchal Valée devait avoir, le premier, l'honneur d'appliquer ce système déjà entrevu par plusieurs.
En attendant ce jour, on combattit avec des succès divers. Deux résultats caractérisent cette première période de combats : on en finit avec la domination turque; on voit commencer la do-
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mination arabe , avec laquelle il faudra lutter
dans la période suivante. A Oran, le bey se retira de lui-même, on Ta vu. A Titery il suffit, en 1880, d'une expédition du général Clausel. Il jeta le bey sur une insurrection des Arabes de la plaine, qui le rejetèrent sur nos Laïonnettes: comme nous ne menacions que son pouvoir, et qu'ils menaçaient sa tête, il aima mieux se rendre à nous. Mais, ignorants, comme nous Tétions, des intérêts, des idées, des mœurs des populations, nous ne sûmes rien organiser de nature à pourvoir à la vacance gouvernementale dans les deux Leyiiks. Les Turcs cessèrent d'y régner, mais nous n'y régnâmes pas à leur place. Nous occupâmes quelques points qu'il fallut ravitailler au prix de marches pénibles, de combats dangereux, qui plusieurs fois tournèrent à notre désavantage, plus souvent à notre gloire, mais sans fonder notre souveraineté.
Les populations, maîtresses de la campagne , étaient dans Tivresse d'une indépendance que nous leur avions conquise sur les Turcs, et qu'elles avaient au moins à moitié conquise sur nous. Bientôt, entre ces tribus rivales, l'indépendance se changea en une affreuse anarchie qui fit éprouver le besoin d*un pouvoir modérateur. Abd-el-Kader, fils de nos fautes et de son génie, fut prêt avant nous. Son gouvernement
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sortit de cette anarchie, parce que l'Algérie éprouvait la nécessité d'un gouvernement : ses titres furent sa supériorité sur ses compatriotes, quelques combats heureux contre nous, et les traités favorables que signèrent avec lui plusieurs de nos généraux.