LUTTE COISTBË L£S DÉBRIS DE LA DOMINATION TURQUE
de la Macta, fut ck&titué par condescendance pour AM-el-Kader, qui devenait de jour en jour plus puissant.
Ce fut pour relever le niveau de notre influence politique et le renom de nos armes, que le maréchal Clausel, et après l'échec de celui-ci à Gonstantine le général Damrémont, furent successivement envoyés. Les choses en étaient arrivées au point qu'il n'y avait plus guère qu*une chose à faire en Algérie, c'était de combattre.
Cependant, dans cette période d'expériences malheureuses et d'avortements successifs, les éléments des succès de l'avenir commencèrent à paraître.
D'abord, nous l'avons dit, quelques hommes âe la première conquête, comme les généra>iz Achard, Munck-d'Uzer, Damrémont, Rulhières, consacrèrent utilement leur talent militaire, et plusieurs leur sang, à cimenter notre possession; des hommes plus jeunes se formèrent à l'école des faits, la meilleure de toutes les écoles. L'Algérie n'était pas seulement un champ de bataille où l'on apprenait la guerre; il fallait traiter avec des idées, des passions différentes des nôtres , étudier et comprendre une civilisation, une société, des intérêts qui n'avaient rien de semblable à ce que nous connaissions. La diplomatie, la politique, l'administration, se
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mêlant naturellement à la guerre, développaient
les intelligences engagées dans ces luttes. Les noms de Duvivier, Cbaugarnier, Bugeaud, Lamo* ricière, Bedeau, Cavaignac, Pélissier, et quelques autres commencent à figurer sur les bulletins. Us eurent, sur la plupart de leurs devanciers, l'avantage de faire céder les idées précon* çues de la routine à Tétude et à Tobservation pratique, et de comprendre qu'il fallait, en face d'un ennemi nouveau, une nouvelle guerre, une conduite nouvelle.
En outrQ, le bureau arabe fut créé, institution éminemment utile dans ce temps, destinée à nous mettre en rapport avec les indigènes, non plus par rintermédiaire d'interprètes, la plupart étrangers, quelques-uns suspects ou méprisés comme les juifs, mais par l'intermédiaire de nos propres officiers, initiés aux langues du pays et chargés de concentrer les affaires arabes, de mettre chaque jour sous les yeux du général en chef Texposé de la situation du pays et la traduction des lettres les plus importantes.
Nos relations avec les populations acquirent une régularité et prirent Aine extension qu'elles n'avaient point eues jusque-là. Nous fûmes à portée d'étudier leur caractère, leurs mœurs, leurs habitudes, leurs usages, et de réunir ainsi les renseignements qui avaient manqué au gou-
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vernement, à radministration^ aux chefs militaires, non-seulement pour conquérir l'Algérie, mais pour la pacifier et la gouverner. Le bureau arabe fut crée en sous rinlci im du général d'Avisard, par le général Trézel, chef d'étatmajor du corps d'occupation. « Le premier chef • du bureau arabe , dit un écrivain qui un peu plus fard le dirigea lui-même tat M. de Lamoricière^ capitaine au bataillon des zouaves. On ne pouvait faire un meilleur choix. Cet officier connaissait déjà assez bien Tarabe pour traiter directement avec les indigènes, et les fonctions auxquelles il élail appelé devaient nécessairement lui faire faire de rapides progrès. U est de plus homme de résolution , plein de ressources dans Tesprit, et animé de la généreuse ambition de se distinguer par quelque chose de grand et d'utile. En se rendant plusieurs fois seul au milieu des Arabes, il prouva le premier que Ton pouvait traiter avec eux autrement que la baïonnette au bout du fusil o
Ce fut également au début de cette première période, au mois d'octobre 18â0, que Ton jeta les bases de la formation du corps des zouaves, appelé à une si haute renommée militaire, a Afin
* M. E. Pélissier, capitaine, d'ctal-major, chef da bureaa arabe à Alger en 1832 et (Amale$ algériennes» tome H. page 72.)
» Annaîet olgémnncs, lome V', page 218.
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de remplir le vide que le départ de plusieurs régiments pour la France laissait dans Tai^ée, dit le capitaine d'état-major Pélissier, un arrêté du i^^ octobre 1830 ordonna la formation de bataillons indigènes sous le nom de bataillons de zouaves. M. de Bourmont avait conçu le projet de cette organisation , mais il n'avait pas cru devoir le mettre en exécution dans la position précaire où il se trouvait. Les zouaves ou plutôt les zaouaouas sont des Kabyles indépendants de la province de Constantine qui vendent leurs services aux puissances barbaresques , comme le font les Suisses en Europe ^. »
Plus tard, la proportion des indigènes diminua peu à peu , dans ce corps d'élite, et comme l'historien des zouaves l'a raconté dans l'historiquo. plein d'intérêt qu'il a tracé de ce corps illustré par tant de faits d'armes, les volontaires de la Charte, presque tous enfants de Paris, y entrèrent. Avec les années, les zouaves ne gardèrent de leur origine que le nom, Tuniforme indigène et Tesprit primitif de leur formation qui y attira les courages ardents, les caractères aventureux qui font souvent les grandes fortunes de guerre. Un de ceux qui les commandaient, le capitaine de Lamoricière , leur imprima , plus que tout autre, les allures do îion esprit, Tacti-
* Anmkt àigériennes, tome I'% page SIS.