VICISSITUDES DE LA C0L01CISATI01!!. Z
çais. » Si Ton prenait ces paroles à ia lettre,
rAlgério appartiendrait aux Arabes, ce qui est matériellement faux. Si Ton admet, en effet, le droit de priorité dans roccupation, elle appartient aux Kabyles descendants des Berbères. Si Ton invoque le droit de la conquête, elle appartient à la France dont Tépée victorieuse a biffé Tacte écrit à la pointe du cimeterre des . Arabjes. iLn réduisant notre position à celle d'un camp français placé en facç d'une colonie européenne et d'un royaume arabe, nous nous déshériterions nous-mêmes de tout avenir : on lève, en etfet, un camp comme on le pose.
Si ces idées exprimées en 1865 dans une lettre impériale ont été plus ou moins abandonnées à la tribune, elles ont été souvent appliquées dans les faits. Il suffira de rappeler le sénatus*consulte du avril 18bâ qui a brisé avec les traditions de la loi de 1851 qui 'avait reconnu la nécessité de s'acheminer^ aussi rapidement que possible, vers la constitution de la propriété individuelle, tandis que le sénatusconsultè de 1863 a constitué pour les Arabes la propriété collective par tribu. Or, qui ne comprend que le communisme des tribus est destructif de tout travail, qu'il abolit la dignité humaine chez Tindividu, en le livrant aux exactions de tous les chefs superposés sur lui, et qui
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330 GOUVEBifXMBiiT BB l'algérie DB 1851 A 1859.
ne sougent qu'à Texploiter ^ ? Cela est si vrai que lorsque deux années de sécheresse et de mauvaises, récoites, Tinsurrection do 1864, les sauterelles, jointes au choléra, ont affamé l'Algérie en 1867, on a vu se produire un fait constaté par M. Frémy, rapporteur du projet de loi qui ouvrait un crédit de 2 millions pour venir au secours des misères inénarrables de cet infor- . tuné pays, et à qui sa position donnait une si grande autorité, dans cette matière : c'est qu'il a été impossible de déterminer les Arabes à gagner leur vie en travaillant : « Le travail n'a jamais manque aux Arabes, a dit M. Frémy^;ils n^ont eu qu'à se présenter pour trouver un eml)loi utile de leurs bras. D'Alger à Oran, dans la vallée du Chélif et dans la province de Constantiue, les travaux exécutés pour la compagnie' des chemins de i'er ont dépassé la somme de 25 millions par an, et de plus, au moyen des ressources mises à sa disposition par la société générale algérienne, TÉtat a dépensé depuis deux ans ^7 millions pour les grands travaux publics. Malheureusement , les Arabes ont pour le travail une répugnance instinctive et même religieuse; et jusqu'à ce jour ils ont abandonné
Voir au Moniteur \e discours de M. Jules Favrc dans la séance àû 24 mars 1808.
^ S6aocc du 2i mars 1868.