‹ Histoire de la conquête de l'Algérie écrite sur des documents inédits et authentiquesChapitre 5 sur 58 · KOTEB POSITION £K ALGÉRIE APRÈS · texte numérisé non relu

KOTEB POSITION £K ALGÉRIE APRÈS

environ, dont 80,000 étaient à Alger. Ce chiffre de Tarmée d'expédition d'Afrique n'avait rien d'excessif, et pouvait même être facilement aug* menté sous la Restauration qui, assurée de la paix continentale, n^avait à prévoir que la possibilité d'une guerre maritime contre TAngleterre. La Révolution de 1830 agitant TEurope jusque dans ses fondements, et créant des éventualités, quelque chose de plus dans les premiers mo* ments, des probabilités de guerre européenne, le gouvernement nouveau ne pouvait pas, même avec une augmentation d'efféctif militaire, consacrer une part d'attention et de force aussi grande au développement de notre conquête. Le io juillet 1830, c'était raffairc principale; après le â9 juillet de la même année t ce fut l'affaire accessoire. Les grandes questions européennes absorbaient l'attention.

Pour Tancien gouvernement, Alger avait été une force; il devenait un embarras pour le gouvernement nouveau. Chez un assez grand nombre d'esprits, l'idée de la conquête d'Alger et celle d'un coup d'État avaient été solidaires; rimpopulanlc du coup d'Etat rejaillit sur la conquête. 11 se forma de bonne heure, dans les Chambres, un parti anti-algérien qui, regardant l'expédition de 1830 comme une entreprise sans motif, refusait d'admettre qu'elle pût être féconde

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en résultats utiles. Ce qui, dans Topinion de ce parti, avait été un effet sans cause, devait demeurer, selon lui, une cause sans effet. Le mieux,

pensait -il, eût été d'abandonner l'Algérie. Si révacuation ne pouvait être effectuée à cause des considérations tirées de Thonneur national, il fallait au moins restreindre Toccupation aux limites les plus étroites, et consacrer à T Algérie le moins d'hommes, de temps et d*argent possible. Cette opinion, publiquement soutenue avec beaucoup de force et de persistance par des hommes convaincus, qui ne manquaient d'ailleurs ni de patriotisme ni de talent *, devait avoir deux conséquences inévitables : encourager les résistances algériennes, décourager les efforts tentés pour conquérir et coloniser l'Algérie.

En outre, le ^gouvernement nouveau était gêné par son alliance étroite avec l'Angleterre. Parmi toutes les puissances, l'Angleterre seule avait élevé des objections contre l'expédition de 1830, et avait paru sur le point de s^y opposer par la force des armes. On comprend dès lors que son alliance fût moins favorable au développement de notre domination en Afrique que celle de la Russie, dont le souverain écrivait, dès 1821, au duc de Richelieu, pour proposer les États bar-

* M. Desjobcrt, membre de la (Chambre des déplllés, fut uu des membres les plui^aclif:» du paru anii-nlgérieD.

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