‹ Histoire de la conquête de l'Algérie écrite sur des documents inédits et authentiquesChapitre 56 sur 58 · PIÈGES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈGES JUSTIFICATIVES

irancs à celui de Tannée 186G. Les résultats de 1868 ne sont pas encore connus. Certains produits présenteront sans doute des diminutions qui tiennent aux événements calamiteux de ces derniers temps ; mais d*autres, tels que les céréales et les bcs- *

tiaux, ont donné lieu ù un accroisscnienl sensible du trafic.

L'influence favorable de l'abolition, depuis le l^r janvier 1867, du droit de tonnnge imposé aux navires étr angers, s'est affirmée en 18(i8 par le grand nombre de bâtiments qui ont fréquenté les ports. Les armements locaux prendront nécessairement une part active au mouvement ascensionnel de la navigation, gràco au décret du 16 octobre 1867, qui leur donne pour champ d'action tout le bassin méditerranéen, depuis Malle Jusqu'à Gibraltar.

La suppression toute récente des fpiaranlaincs et du régimo prohibitif établis en Espagne contre les provenances de l'Algérie prépare au commerce un nouvel élément de prospérité. Déjà la compagnie des Messageries impérialca a rétabli son service régulier sur Malaga et Cadix, qu'elle avait abandonnés, et Tadmintstration est sur le point de traiter pourrîntroduction de l'escale de Garthagène dans le service hebdomadaire de Marseille à Oran. Un projet est également h Tctude, daii.^ le J>ut d'attirer sur nos marchés, par une réor|,^anisalion du réf^inie douanier des frontières de terre, les caravanes qui font le commerce de l'Afrique centrale.

Les établissements de crédit, qui donnent la mesure exacte de la prospérité commerciale , sont tous en voie de progrés. La Banque de FAIgérie, dont le privilège a été prorogé de dix ans,

a fondé une nouvelle succursale à lîAne. Les escomptes, qui pendant le dernier exercice s'étaient élevés h. prés de 98 millions, et dépassaient déjà de 18 millions les opérations de Tannée précédente, ont atteint, en 48G8, 112,340,808 francs, réalisant ainsi une augmentation nouvelle de plus de 14 millions d'affaires, nonobstant la concurrence des comptoit*s de la Société générale algérienne.

L'application du sénatus-consulte du 22 avril 1863 a amené rannexion au domaine forestier de nombreux massifs boisés qu

PIECES JUSTIFIGATITB$.

étaient demeurés jiisqu'alors en dehors rlo l'aclion do ce service. Malgré les désastres causés par les incendies de 1 865 aux exploitations de chênes-liéges, Fexporlation du liège a atteint, pour les neuf premiers mois de 1868» le cbiffire de 768,15^ kilogrammes, représentaDt ime valeur de 921,782 francs. Il n'est pas dotiteuiE que le chiffre de Tannée entière ne s*élève à plus de 1,200,000 francs, tandis qu'en i867 il a été seulement de 1 ,075,758 francs.

Un crédit de %6,000 fr. a été employé en 18G8 h la continuation des reboisements précédemment entrepris dans les banlieues d'Alger, d'Orléansville, d'Oran et de Gonstantine. Les travaux effectués pendant les précédentes campagnes ont di^à produit, au point de vue des conditions climatérîques et de la conservation des sources, des résultats sensiblement appréciables. Divers projets sont à l'étude pour donner à ces utiles travaux une extension nécessaire, soit en créant de nouveaux massifs, soit en régénérant les anciens peuplemeuts compromis par les incendies et Tabus du pâturage.

£nfin, s'attachant toujours à rapprocher de plus en plus les institutions de celles de la mère patrie, le Gouvernement vient de rendre exécutoire en Algérie la législation nouvelle sur les conseils de préfecture, et d'octroyer aux conseils municipaux des communes algériennes celles des atlrii)ulions que la loi du 2i juillet 1867 a conférées à ces assemblées dans la métropole, et qui peuvent recevoir une application immédiate dans la colonie. En outre, la population sera prochainement appelée à élire ses représentants dans les conseils généraux.

Telle est la situation de TAlgérie : la misère s'atténue au milieu des populations indigènes ; l'espoir renaît. Tannée agricole s'annonce féconde ; la régénération de la société arabe se préparc sans secousses et ouvre de nouveaux horizons à la colonisation. Les vrais colons, qui voient chaque jour les ports, les phares, les routes se créer ou s'améliorer, les établissements d'utilité publique se multiplier, les institutions civiles prendre leur développement normal, apprécient la protection qu'un Qouvernement libéral et fort a su leur assurer en face des dangers

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PtÈCSS JUSTIFICATIVES,

d'uBe crise alimeotaire, et ils sauront lui en tenir comple en le secondant dansToeuvre difficile qu'il poursuit avec persévérance et avec foi dans l'avenir.

L'administralion s*e$t également préoccupée des entraves que l'étal de la propriété arabe et les coutumes qui la régissent pouvaient opposer aux transaclions iiviniobilièros entre les indigènes et les Européens, cl elle a recherché les moyens du iloiiner toute sécurité à ces transactions en les assujettissant à la transcription hypothécaire, ^iolre législation sur cette matière ne saurait évidemment être utilement appliquée dans toute rétendue du territoire algérien ; mais le Gouvernement est disposé à la rendre obligatoire pour les populations musulmanes des territoires civils qui sont mieux préparées, par noire contact, à la pratique de nos institutions. Des dispositions seront prises également pour prévenir les fraudes qui pourraient empêcher la mise en circulation de terres détenues par les indigènes dans les tribus, et certaines garanties seront exigées des cadis pour assurer la sincérité des ventes.

La population européenne, dont Tîntelligence et Ténergie ne se sont pas démenties, a traversé la crise sans en ressentir les atteintes. Une bonne récolte est venue réparer les pertes des dernières années, cl nos colons ont trouvé dans le haut prix de leurs céréales une juste récompense de leurs travaux, en même temps qu'nn encouragement pour Tavenir. Un membre du Corps législatif a d'ailleurs été chargé de poursuivre en Algérie Tenquête qui a eu lieu, dans les départements dè TEmpire, sur la situation et les besoins deVagnculture ; son rapport fournira d'utiles éléments pour l'apprècialion des intérêts du pays.

I/esprit libéral qui anime le Go iviuiieiiient et son désir de faciliter le développement des institutions civiles et de la colo* nisation se sont manifestés hautement pendant Tannée 1868. On s*est appliqué, par une extension donnée aux départements, à fieiire cesser les difficultés d'administration qui résultaient du morcellement de leur territoire, et on y a fortifié le régime mu^ nicipal, soit en élargissant les anciennes communes, soit en constituant des communes nouvelles. C'est ainsi que, par des

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