‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 10 sur 214 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

les poussaient vers la porte *. Ces outrages ne resté- "«^ rent pas sans vengeance, et le même jour tous les chefs irlandais sortirent à la fois de Dublin. Un grand nombre d'habitants de la contrée voisine, prenant avec eux leurs femmes , leurs enfants et leurs meubles, les suivirent et se réfugièrent, les uns vers le sud, auprès du roi de Limerick, qui luttait encore contre la conquête, les autres auprès de celui de Connaught, qui bientôt se mit à la tête d'un nouveau soulèvement patriotique ^.

Dans la guerre presque générale qui s'éleva dès "«^ lors entre les Irlandais et leurs vainqueurs, une cir- '^^s constance favorable aux premiers fut l'esprit de jalousie des courtisans du jeune roi envers les barons et les chevaliers de la conquête. N'ayant rien à perdre à cette guerre, ils la regardaient comme une occasion qui s'ohrait à eux de supplanter les anciens colons dans leurs commandements et dans leurs grades'. Ils les accusaient et les calomniaient de mille manières auprès du fils de Henri II; et celui-ci, léger, imprudent et dévoué à ses compagnons de plaisir, dépouillait pour eux les fondateurs et les soutiens de la puissance normande en Hibernie. Il dépensait en frivolités tout l'argent qu'il recevait d'Angleterre pour la solde de ses troupes ; son armée, mal commandée et mécontente, obtint peu de succès contre les révoltés, et la cause des conquérants com-

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