‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 105 sur 214 · Robert, de Avesbury, ibid., p. 130 et seq., ed Hearne · texte numérisé non relu

Robert, de Avesbury, ibid., p. 130 et seq., ed Hearne

1346 querelle de leur roi ne furent point sans effet sur eux. Les passions ambitieuses du maître se changèrent, dans l'esprit des sujets, en aversion irréfléchie contre to'" ': le peuple de France, qui leur rendit haine pour haine. Il ny eut qa'une seule classe d'hommes dans les deux pays que n'atteignit point cette frénésie : c'était celle des pauvres pêcheurs de marée des bords de l'Océan. Anglais ou Français, durant la plus grande chaleur des guerres, ils ne se firent jamais aucun mal, « ne se guerroyant jamais, dit un historien du quator- « zième siècle, mais plutôt s'entr'aidant les uns et les « autres, vendant et achetant sur mer, l'un à l'autre, « quand les uns avoient fait meilleure pêche *. » iMo Par une destinée bizarre, pendant que la Norman- '^'° die, l'ancienne patrie des rois et des grands d'Angleterre, devenait pour eux un pays ennemi, l'Aquitaine, depuis la mer de la Rochelle jusqu'aux Pyrénées, demeurait soumise à leur autorité sans répugnance apparente. On a vu plus haut comment ce pays avait été retenu sous la domination anglo-normande par l'influence de la duchesse Éléonore, veuve de Henri IL Après la mort de cette princesse, les Aquitains gardèrent leur foi à son petit-fils, par crainte de tomber sous la seigneurie du roi de France, qui, maître du Poitou, était devenu leur voisin immédiat. Suivant une règle de politique observée au moyen âge, ils préféraient, indépendamment de toute autre considération, avoir pour seigneur un roi qui fût loin d'eux. D'ordinaire, en efl'et, le suzerain éloigné laissait le pays se gouverner lui-même, selon ses cpu-

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