‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 109 sur 214 · Millot, Histoire des troubadours, t. II, p · texte numérisé non relu

Millot, Histoire des troubadours, t. II, p

i:îG conclusion

'-'^ à aiguiser pour le glaive des Français S soutenait '-" leur domination par la terrible menace d'une croisade. Les troubadours, habitués à servir dans tout le Midi d'organes aux intérêts patriotiques, prirent la tache dangereuse de réveiller le peuple et de lui faire honte de sa patience. L'un d'eux, jouant sur le nom de son pays , disait qu'on 'ne devait plus l'appelei* Proensa (le pays des preux), mais Faillema ( le pays des lâches ), parce qu'il souffrait qu'une domination étrangère remplaçât son gouvernement national. D'autres poëtes s'adressaient, dans leurs vers, au roi d'Aragon, l'ancien suzerain de la Provence, pour l'inviter à venir chasser les usurpateurs de ses terres. D'autres, enfin, excitaient le roi d'Angleterre à se mettre à la tête d'une ligue offensive contre les Français. Ils provoquaient une guerre à la faveur de laquelle ils espéraient opérer leur affranchissement. « Que ne commence-t-on vite, « disaient-ils, le jeu où maint heaume sera fendu, et « maint haubert démaillé ^ ? »

Les choses en étaient à ce point lorsque le roi de France, partant pour la croisade en Egypte, emmena avec lui son frère, Charles d'Anjou. Bientôt la nouvelle se répandit que les deux frères avaient été faits prisonniers par les Sarrasins, et la joie fut uni-

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