‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 139 sur 214 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

^531 brie. Ce genre de savoir et de travail rendait sus- '^^3 pect, et on le devenait encore plus en transportant son domicile, de l'Angleterre proprement dite, dans l'un des comtés du pays de Galles : ce fut le motif d'une accusation judiciaire intentée sous le règne d'Elisabeth, dernière descendante de Henri Tudor. *^^^ La famille écossaise des Stuarts ne montra pas plus de bienveillance pour la nation galloise; et cependant, lorsque les habitants de l'Angleterre se furent soulevés contre cette famille, les Gallois se rangèrent en majorité dans son parti par une sorte d'opposition nationale à ce que le peuple anglais désirait. Peut-être aussi espéraient-ils s'affranchir quelque peu, à la faveur des troubles d'Angleterre, et au moyen d'un pacte avec la famille royale qu'ils avaient soutenue contre les Anglais. Il n'en fut rien ; la royauté succomba, et le pays de Galles eut à subir, comme royaliste, un nouveau surcroît d'oppression. Depuis ce temps, les Cambriens ont souffert en repos tous les changements politiques arrivés en Angleterre, ne s'insurgeant plus, mais n'oubliant pas quels motifs ils auraient pour s'insurger. « Nous sa- « vons, dit un de leurs écrivains, que les seigneuries et a les meilleures terres du pays se trouvent en la pos- « session d'hommes de race étrangère , qui les ont « enlevées par violence à d'anciens propriétaires (( légitimes, dont les noms et les vrais héritiers sont « connus. »

1643 En général, les possesseurs de grandes terres et 1795 de seigneuries dans le pays de Galles étaient, il n'y a pas longtemps, plus durs qu'en Angleterre pour les fermiers et les paysans de leurs domaines. Cela vient

CONCLUSION . i83

sans doute de ce que, la conquête des provinces i643 galloises n'ayant été achevée que vers le quatorzième l'^s siècle, les nobles y sont plus nouveaux venus, et de ce que la langue du peuple indigène est toujours restée entièrement distincte de celle des conquérants. L'espèce d'hostilité nationale qui régnait entre les seigneurs et les paysans a contribué à rendre plus nombreuse l'émigration de pauvres familles galloises aux États-Unis d'Amérique. Là, ces descendants des anciens Kymrys ont perdu leurs mœurs et leur langage, et oublié, au sein de la liberté la plus complète dont un homme civilisé puisse jouir, les vains rêves de l'indépendance bretonne. Ceux qui sont demeurés dans la patrie de leurs ancêtres y gardent, au milieu de la pauvreté ou de la médiocrité de fortune qui de tout temps fut leur partage, un caractère de fierté qui tient à de grands souvenirs et à de longues espérances , toujours déçues , mais jamais abandonnées. Ils tiennent le front levé devant les puissants et les riches d'Angleterre et de leur pays, i7&i « et se croient de meilleure et de plus noble race, « disait un Gallois du siècle dernier, que cette noce blesse d'hier, issue de bâtards, d'aventuriers et G d'assassins*. »

Tel est l'esprit national des hommes les plus énergiques parmi les Cambriens actuels, et ils le poussent quelquefois à un tel degré d'emportement, qu'on leur donne en Anglais un surnom qui ne peut se traduire que par les mots de cerveau brûlé-. Depuis les révolu-

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