LIVRE XI
(( Les Anglais qui habitent parmi nous depuis Ion- 1334 a gués années, et qu'on appelle gens de race mêlée ^ 1340 « ne sont pas pour cela moins cruels envers nous « que les autres ^ . Quelquefois ils invitent à leur u table les premiers de notre nation, et les tuent par « trahison au milieu du festin ou dans leur som- « meil 2. C'est ainsi que Thomas de Clare, ayant atc( tiré dans sa maison Brien le Roux de Thomond, c( son beau-frère, l'a mis à mort par surprise, après c( avoir communié avec lui de la même hostie consa- « crée et divisée en deux parts ^ Ces crimes leur « paraissent à eux honorables et dignes de louanges ; « et c'est la croyance de tous leurs laïques et de « beaucoup de leurs hommes d'église, qu'il n'y a pas « plus de péché à tuer un Irlandais qu'un chien *. « Leurs moines disent avec assurance que, pour avoir « tué un homme de notre nation (ce qui trop souvent « leur arrive), ils ne s'abstiendraient pas un seul jour « de célébrer la messe ^. En preuve de cela, les re- « ligieux de l'ordre de Cîteaux, établis à Granard, « dans le diocèse d'Armagh , et ceux du même ordre « qui sont à Ynes , en Ulster, attaquent journelle- « ment en armes, blessent et tuent les Irlandais, et « n'en disent pas moins leurs messes ^. Frère Simon,
1. Anglici... nostram inhabitantes terram qui se vocant mediw nationis... (Joban. de Fordiin, Scotichron., p. 916, éd. Hearne.)
2. Inter ipsas epulas vel dormitionis tempore. (Ibid., p. 917.)
3. De eadem liostia consecratain duas divisa partes. (Ibid., p. 918.)
4. Non niagis est peccatum interticere hominem hibernicnm quam unum canem. (Ibid., p. 914, éd. Hearne.)
5. Ob hoc non désistèrent a celebratione etiam uno die. (Ibid.)