Tae king him answered soon
Al) intill Frankisli asused he.
(Wyntown, cité par Ellis, Metrical romances.)
«315 sais ni Anglais, et le seul nom de nation qu'ils con- «548 nussent était celui de Border ers, c'est-à-dire gens de la fpontière. C'était une • agrégation de toutes les races d'hommes qui s'étaient rencontrées dans la Grande-Bretagne : des Bretons chassés parles Anglo- Saxons , des Saxons chassés ou déshérités par les Normands, des An glo -Normands ou des Écossais bannis pour des félonies ou d'autres délits. Cette population était divisée par grandes familles, à l'instar des clans celtiques; mais les noms de clans ou de familles étaient, pour la plupart, anglais ou français. La langue de tous les habitants était le dialecte anglo- danois du sud de l'Ecosse et du nord de l'Angleterre. Les chefs et les vassaux vivaient assez familièrement ensemble, l'un dans sa maison forte, entourée de palissades grossières et ayant pour fossé le lit de quelque torrent; les autres dans des huttes bâties à l'entour. Tous faisaient le métier de maraudeurs, ne se nourrissant que de bœufs et de moutons enlevés aux habitants des plaines voisines. Ils faisaient leurs courses à cheval, armés d'une longue lance, et portant pour armure défensive une casaque piquée et matelassée, sur laquelle étaient cousues et disposées le plus régulièrement possible des plaques de fer ou de cuivre \
Bien que partagés administrativement en deux nations distinctes et, suivant le territoire qu'ils occupaient, sujets de l'Ecosse ou de l'Angleterre, ils n'en regardaient pas moins les rois de ces deux pays comme des étrangers, et se trouvaient tour à tour
1. Walter Scott;, Minstrelsy of the scotish Border, vol. I, p, 42 et 43.
Écossais, lorsqu'il s'agissait de fourrager en Angle- isis terre, et Anglais lorsqu'il y avait une descente à faire i5« en Ecosse. Ils ne se battaient guère entre eux que pour des motifs d'inimitié privée. Quant à leur brigandage, ils l'exerçaient sans pitié, mais sans cruauté, comme une profession qui a ses règles et son point d'honneur. Les plus riches d'entre eux prenaient des armoiries, dont les Normands avaient introduit la mode en Angleterre et en Ecosse. Ces armes, que conservent encore plusieurs familles du pays, font presque toutes allusion au genre de vie des anciens Borderers. En général, le champ de l'écusson est un ciel portant une lune et des étoiles, pour signifier que le meilleur temps des Borderers était la nuit ; les devises , en anglais ou en latin, sont également significatives, c'est : Gardez-vous bien. — Ne dormez pas, car je veille. — Avant que je manque^ vous manquerez *.
L'Ecosse délivrée donna le nom de sauveur à Robert Bruce, Normand d'origine, et dont les aïeux, au temps de la conquête de l'Angleterre, avaient envahi, sur le territoire écossais, le bourg et la vallée d'Annan. Les anciens rois d'Ecosse leur avaient confirmé, par des chartes, la possession de ce lieu, où les ruines de leur château se voient encore. L'Ecosse est la partie de l'Europe où le mélange des races qui s'y sont rencontrées s'est opéré le plus aisément, et a laissé le moins de traces dans la situation respective des différentes classes d'habitants. Jamais il n'y eut
1. Watch Weel. — Ye shall want, ère I waut. (W aller Scott, Minstrelsy nf the scotish Border^ vol. I. p. 43.)
1315 de vilains ou de paysans serfs dans ce pays, comme 15*8 en Angleterre et en France, et les antiquaires ont observé que les anciens actes de l'Ecosse n'offrent aucun exemple d'une vente de l'homme avec la terre ; qu'aucun ne présente cette formule, si ordinaire ailleurs : 0 Avec les bâtiments et tout le cheptel , ma- « nants, bestiaux, charrues, etc. *. » De temps immémorial, les bourgeois des principales villes siégeaient dans le grand conseil des rois d'Ecosse à côté des gens de guerre de haut rang, qui s'intitulaient, à la manière normande, chevaliers, barons, comtes et marquis, ou conservaient les vieux titres anglo-danois de thanes et de lairds. Quand il s'agissait de défendre le pays , les diverses corporations des gens de métier marchaient sous leurs propres bannières, et conduites par leur burgmaster. Elles avaient sur le champ de bataille leur honneur à soutenir et leur part de gloire à remporter. De vieilles romances populaires, qu'on chantait encore il n'y a pas longtemps dans les provinces écossaises du sud, célèbrent la bravoure des cordonniers de Selkirk, à la fameuse bataille de Flodden, livrée et perdue, en 1513, parle roi d'Ecosse Jacques IV ^.
L'opposition nationale, ou la réaction naturelle de l'esprit de liberté contre le pouvoir, suivit en Ecosse le cours qu'elle doit suivre dans tout pays où la nation n'est pas divisée en deux races d'hommes séparées
1. Cum terris, domibns, rediticiis, accolabiis, mancipiis, vineis, sylvis, etc. (Spelmau., Gloss., verbo accola.) — Voyez Pinkerton's, History o Scotland, vol. I, p. 252 et suiv.
2. The southers of Selkirk. — Voyez les Pièces justiticatives, C -iclnsion, n» 9.
l'une de l'autre par un état d'hostilité héréditaire ; 1315 elle fut constamment et presque uniquement dirigée ms contre les rois. Dans les guerres civiles, il n'y avait que deux partis : celui du gouvernement et celui de la généralité des gouvernés, et non point, comme ailleurs, trois partis : la royauté, la noblesse et le peuple. Jamais la classe militaire et opulente ne s'unit aux rois contre le peuple, et rarement le peuple eut besoin de favoriser le pouvoir royal en haine de celui des grands. Dans les temps de trouble, la lutte avait lieu entre le roi et ses courtisans d'une part, et de l'autre tous les ordres de la nation ligués ensemble. Il est vrai que les barons et les nobles d'Ecosse, actifs et turbulents, figuraient toujours en tête dans les commotions politiques, et que, suivant l'expression de l'un d'entre eux, ils attachaient le grelot^; mais les actes de violence qu'ils se permirent souvent contre les favoris des rois, et contje les rois eux-mêmes, ne furent presque jamais impopulaires.
Vers le milieu du seizième siècle, un nouveau lien 154g vint resserrer cette espèce d'alliance politique entre la noblesse et la bourgeoisie d'Ecosse; elles embrassèrent ensemble, et pour ainsi dire d'un seul élan, les opinions de réforme religieuse les plus extrêmes, celles des calvinistes. Toute la population du sud et de l'est, qui parlait la même langue et avait le même genre d'idées et de civilisation, concourut à cette révolution. Il n'y eut que les clans des montagnes et
1. /'// bel the cat. Mot d'Archibald Douglas, comte d'Angus, 50US le règne de Jacques ÎII,
1548 quelques seigneurs dans les plaines du nord qui tinrent à la religion catholique, les uns par esprit d'hostilité naturelle contre les gens des bassesterres, les autres par conviction individuelle plutôt que par esprit de corps. Les évêques mêmes n'opposèrent pas aux partisans d^ la réforme une trèsgrande résistance : la seule opposition redoutable que ceux-ci eurent à éprouver vint de la cour, alarmée de bonne heure par la crainte que les changements religieux n'en amenassent de politiques ; mais le parti
,548 des novateurs l'emporta dans cette lutte. Ils s'empa-
ifio3 rèrent du roi Jacques VI, encore enfant, et le firent élever dans les nouvelles doctrines.
Sa mère, l'infortunée Marie Stuart , se perdit par ignorance du caractère national des Écossais. Ce fut à la suite d'une bataille livrée aux réformés presbytériens qu'elle passa en Angleterre, où elle périt sur un échafaud. Après sa mort , et pendant que son fils régnait en Ecosse et professait, selon le nouvel esprit de la nation, la croyance presbytérienne dans toute sa rigidité, la lignée des rois d'Angleterre de
,G03 la famille de Tudor vint à s'éteindre dans la personne d'Elisabeth, petite-fille de Henri VII. Jacques, descendant de Henri VII par les femmes, se trouvait ainsi le plus proche héritier des Tudor. Il vint à Londres, où il fut reconnu sans difficulté, et prit le titre de roi delà Grande-Bretagne, réunissant sous leur ancien nom ses deux royaumes d'Angleterre et d'Ecosse. C'est de lui que date l'écusson britannique, aux trois lions passants de Normandie, au lion rampant d'Ecosse et à la harpe d'Irlande, et que date aussi le pavillon britannique, où la croix blanche de
saint André s'entrelace avec la croix rouge de saint leos Georges.
Le roi Jacques, premier de ce nom pour l'Angle- leos terre, trouva l'état des esprits, relativement aux ré- 1625 formes religieuses, bien différent, dans son nouveau royaume, de ce qu'il était en Ecosse. Il n'y avait point parmi les Anglais d'opinion généralement établie en matière de croyance. Ils différaient sur ce point selon qu'ils appartenaient à la classe supérieure ou bien aux classes inférieures de la nation, chez qui l'ancienne hostilité des deux races semblait reparaître sous de nouvelles formes. Quoique le temps et le mélange du sang eussent déjà beaucoup affaibli cette inimitié primitive, il restait au fond des cœurs un sentiment confus de haine et de défiance mutuelles. L'aristocratie tenait fortement pour la réforme mitigée, introduite cinquante ans auparavant par Henri VIII, réforme qui, substituant simplement le roi au pape, comme chef de l'Eglise anglicane , conservait à l'épiscopat son ancienne importance. La bourgeoisie, au contraire, tendait à la réforme complète établie par les Ecossais, dont le culte sans évêques était indépendant de toute autorité civile. Les partisans de ces opinions formaient une secte persécutée par le gouvernement, mais dont la persécution augmentait l'enthousiasme. Ils étaient d'un rigorisme excessif jusque dans les moindres choses , ce qui leur faisait donner le nom de précis^ purs ou puritains. Le sobriquet de têtes-rondes sous lequel on les désignait par dérision , leur vint de ce qu'ils portaient les cheveux courts et sans aucune frisure , usage contraire à
1603 la mode que suivaient alors les gentilshommes et les
1625 gens du monde.
Les presbytériens d'Angleterre s'étaient flattés de voir régner leur croyance sous un roi presbytérien; mais le triomphe de cette opinion religieuse étant lié à celui de l'intérêt populaire sur l'intérêt aristocratique, le roi, quel qu'il fût, ne pouvait nullement y contribuer. L'Eglise épiscopale fut donc maintenue sous Jacques P', comme sous Elisabeth, par des mesures de rigueur contre les adversaires de cette Église ; bien plus, à force de se pénétrer des dangers politiques du puritanisme en Angleterre, le roi forma le projet de le détruire même en Ecosse, où il était devenu religion de l'Etat, et il entra pour ce projet en lutte ouverte, non plus seulement avec les classes moyennes et inférieures, mais avec la nation tout entière. C'était une entreprise difficile, dans laquelle il obtint peu de succès, et qu'il légua avec la couronne à son fils, Charles I".
1625 Charles, amplifiant et systématisant en quelque sorte les vues de son père , résolut de rapprocher le culte anglican des formes du catholicisme, et d'imposer ce culte, ainsi réformé, aux deux royaumes d'Angleterre et d'Ecosse. Par là, il mécontenta les épiscopaux et les classes aristocratiques d'Angleterre, tandis qu'il soulevait contre lui l'universalité de la nation écossaise. Nobles, prêtres et bourgeois, entrant en rébellion ouverte, s'assemblèrent spontanément à Edimbourg, et y signèrent, sous le nom de Covenant, un acte d'union nationale pour la dé-
1625 fense de la religion presbytérienne. Le roi leva une
\m ?ivxûée et fit des préparatifs de guerre contre l'Ecosse ;
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et de leur côté les Écossais formèrent des milices ^^^^ nationales auxquelles on donna des chapeaux portant '^*** cette devise : « Pour la couronne du Christ et le Coc( venante » Des gens de toute condition vinrent à l'envi se faire enrôler dans ces milices, et les ministres du culte prononcèrent dans les églises malédiction contre tout homme, tout cheval et toute lance qui serait avec le roi contre les défenseurs de la foi nationale ^. La résistance des Écossais fut approuvée en Angleterre, où le mécontentement devenait général contre le roi Charles, à cause de ses innovations religieuses et de ses tentatives pour gouverner d'une manière absolue, sans le concours de l'assemblée qui, sous le nom de parlement, n'avait jamais cessé d'exister depuis la conquête.
Les bourgeois d'Angleterre, qui d'abord n'avaient comparu à cette assemblée que comme cités, en quelque sorte, devant le roi et les barons, pour recevoir des demandes d'argent et y répondre , étaient devenus, par l'effet d'une révolution graduelle, partie intégrante du parlement. Réunis à un certain nombre de petits feudataires qu'on appelait chevaliers des comtés ^ ils formaient sous le nom de chambre des Communes une section du grand conseil national; dans l'autre chambre, celle des Lords, siégeaient les gens titrés, comtes, marquis, barons, avec les évêques anglicans. Cette Chambre entra, comme
1. For Christ's crown and Co venant. (Walter Scott, Mimtrelsy of the scoti&h Border, vol. I, p. 220.)