Froissart
la vie et à la mort, pour le roi Robert et le pays, ^^^^ contre tout homme, Français, Anglais ou Écossais ». ' *^ Probablement, par le premier de ces noms, ils voulaient désigner le roi et tous les seigneurs d'Angleterre, qui ne parlaient alors entre eux d'autre langue que la langue française ^ : car les Français proprement dits étaient alors les meilleurs amis des patriotes de l'Ecosse.
Robert Bruce donna rendez-vous à ses partisans du côté de Stirling, vers le lieu où commence à s'élever la chaîne des montagnes de l'ouest; et c'est près de là que fut livrée la bataille décisive de Bannock-Burn, ou du ruisseau de Bonnock. Les Écossais '^'^ y furent vainqueurs; leurs ennemis, affaiblis par cette grande défaite, sévirent successivement chassés de toutes les villes fortes, et obligés de repasser la Tweed en désordre, poursuivis, à leur tour, par toute la population des plaines du sud, et surtout par celle des frontières ou du Border, population alors trèsredoutable pour une armée en déroute.
Les frontières de l'Angleterre et de l'Ecosse ne *^^'^ furent jamais bien fixées du côté de l'ouest, où le *^*^ pays est montagneux et entrecoupé dans tous les sens par une foule de vallées et de petites rivières. Les habitants d'une assez grande étendue de terre dans ces contrées n'étaient, à proprement parler, ni Écos-
t. Contra oranes mortales Fi-ancos^ Aiiglos, Scotos defendere usque ad ultimûm termir im vitœ... (Walter's Scott's Poetical loorks ; Lord of ihe Isles, notes c'a chant II, p. 324. Paris, Galignani.)