‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 16 sur 214 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

« qui arrivera tôt ou tard, nous en avons le ferme n.34 « espoir ^ Jusque-là nous leur ferons guerre à mort »^^o « pour recouvrer l'indépendance, qui est notre droit « naturel, contraints que nous y sommes par la né- « cessité même, et aimant mieux affronter le péril c( en hommes de cœur que de languir au milieu des ^ « outrages ^. »

Cette promesse de guerre à mort, faite il y a plus de quatre cents ans, n'est pas encore oubliée; et, chose triste, mais digne de remarque, le sang a coulé de nos jours en Irlande pour la vieille querelle de la conquête ^ L'heure où cette querelle sera terminée est dans un avenir qu'on ne peut encore prévoir ; car, malgré le mélange des races et les transactions de toute espèce amenées par le cours des siècles, la haine du gouvernement anglais subsiste, comme une passion native, dans la masse de la nation irlandaise. Depuis le jour de l'invasion, cette race d'hommes a constamment voulu ce que ne voulaient pas ses conquérants, détesté ce qu'ils aimaient , et aimé ce qu'ils détestaient. Elle dont les malheurs avaient été en partie causés par l'ambition des papes, elle s'est attachée aux doctrines du papisme avec une sorte de fureur, dès que l'Angleterre s'en est affranchie. Cette opiniâtreté indomptable, cette faculté de con-

1. Ideoque omni absque conscientias remorsu, quamdiu vita aderit, ipsos impugnabimus, pro nostri juris defensione. (Johan. de Fordun, Scotichron., p. 923, éd. Hearne.)

2. Mortalem guerram habere cogimur cum prœdictis, prœeligentes, necessitate coacti... discrimini bellico viriliter nos oppouere,, quam... (Ibid., p. 924.)

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