Ibid., p
Cet incident imprévu et la lenteur du Directoire 1795 exécutif de France à préparer une seconde expédi- t798 tion, donnèrent au gouvernement anglais le loisir de travailler activement à la ruine de l'union irlandaise. On fît, plus fréquemment que jamais, des visites de jour et de nuit chez les personnes suspectes. Dans les lieux où l'on supposait qu'il y avait des armes cachées, on forçait les habitants à les découvrir, en les soumettant, s'ils refusaient de répondre, à plusieurs genres de torture : les plus ordinaires étaient de pendre à demi, de fouetter jusqu'à l'excoriation, et d'arracher les cheveux et la peau de la tête au moyen d'une calotte de poix. Les Irlandais, 1793 poussés à bout par ces cruautés, résolurent de commencer l'insurrection sans attendre l'arrivée des Français ; on fabriqua des piques, et l'on fondit des balles avec une nouvelle activité. Le gouvernement s'aperçut de ces dispositions, parce que de grands arbres , dans le voisinage des villes, étaient coupés et enlevés de nuit, que les gouttières de plomb disparaissaient de toutes les maisons, et que les catholiques se rendaient plus fréquemment que de coutume à l'église et au confessionnal ^ Mais, malgré ce surcroît de zèle, leur bonne intelligence avec les protestants ne cessait point; un homme qui, au commencement de 1798, fut exécuté à Carikfergus, comme agent des Irlandais-unis ^ marcha au supplice, accompagné d'un moine et de deux ministres presbytériens.
1. Sir Richard Musgrave, Memoirs of the différent rebellions in Ireland, vol. I, p. 247, 249 et suiv.