Froissai% vol. II, chap. lxxvi, p
2. Dlcentes nequaquam debere regem adiré taies discaligatos ribaldos. (Thom. Walsingham, Hist. anglic, apud Camden, Angliça, hibernica, etc., p. 248.)
1381 « n'êtes point en ordonnance', ni en accoutrement convenable pour que le roi vienne à vous. » Et la barque retourna vers la Tour. Ceux des insurgés qui étaient venus jusqu'à la Tamise s'en allèrent alors à Black-Heatli dire aux autres ce qui venait d'arriver, et il n'y eut parmi eux qu'un seul cri : « Allons « à Londres ! marchons sur Londres ! à Londres ! à « Londres ' î »
Ils marchèrent en effet vers la ville , détruisant sur leur route plusieurs manoirs, mais ne pillant et n'enlevant rien : arrivés au pont de Londres, qui était fermé par une porte, ils demandèrent qu'on la leur ouvrît, et qu'on ne les contraignît pas à user de violence. Le maire William Walworth, homme d'origine anglaise, comme son nom semble l'indiquer, voulant se faire valoir auprès du roi et des gentilshommes, songea d'abord à tenir la porte fermée et à poster des gens armés sur le pont pour arrêter les paysans ; mais il y eut parmi les bourgeois, surtout parmi ceux de la classe moyenne et inférieure, assez d'opposition à ce projet pour que le maire y renonçât. « Pourquoi, disaient-ils, ne lais- « serait- on pas entrer ces bonnes gens? Ce sont nos « gens, et tout ce qu'ils font, c'est pour nous -. » La porte fut ouverte, et les insurgés, parcourant la ville, se distribuèrent dans les maisons pour y prendre des rafraîchissements , chacun s'empressant de leur servir à boire et à manger, les un? par amitié, les autres par crainte.