‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 184 sur 214 · Froissart, vol. II, châp. Lxxiv, p · texte numérisé non relu

Froissart, vol. II, châp. Lxxiv, p

« chargé de vous dire; mais, cher sire, veuillez me 1331 « donner réponse, afin qu'ils sachent que vraiment «j'ai été vers vous, car ils ont mes enfants en ota- « ges. » Le roi prit conseil, et répondit que si le lendemain matin les paysans avançaient jusqu'à la Tamise, lui-même irait leur parler. Cette réponse leur causa une grande joie. Ils passèrent la nuit en plein champ, du mieux qu'ils purent, car ils étaient près de soixante mille, et une grande partie jeûna, faute de vivres K

Le lendemain, qui était jour du Saint-Sacrement, le roi entendit la messe dans la Tour; et, malgré les discours de l'archevêque de Kenterbury, qui lui conseillait de ne se point commettre avec des ribauds sans chausses''-, il entra dans une barque, accompagné de quelques chevaliers, et fit ramer vers l'autre bord, où il y avait déjà plus de dix mille hommes venus du camp de Black-Heath. Quand ils virent approcher la barque, ils commencèrent tous à jeter des cris et à faire des mouvements qui effrayèrent si fort les chevaliers de l'escorte du roi, qu'ils le conjurèrent de ne pas descendre à terre, et firent promener la barque sur la rivière deçà et delà. « Que « voulez- vous ? dit le roi aux insurgés ; me voilà « venu pour vous parler. — Que tu viennes à terre, c( et nous te dirons et montrerons plus facilement « ce qu'il nous faut. » Alors le comte de Saiisbury, répondant pour le roi, leur cria : « Seigneurs, vous

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