‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 187 sur 214 · Froissart, vol. Il, chap. lxxvi, J · texte numérisé non relu

Froissart, vol. Il, chap. lxxvi, J

réunis à Miles -End quand le roi y arriva. A la vue mi des paysans armés, ses deux frères et plusieurs barons eurent peur et l'abandonnèrent mais lui, tout jeune qu'il était, s'avança avec assurance, ets'adressant aux paysans en langue anglaise : « Bonnes gens, leur dit-il, je suis votre roi et votre sire ; que vous faut-il ? que me voulez-vous ? » Ceux qui étaient à portée de l'entendre répondirent : Nous voulons que tu nous affranchisses à tout jamais, nous, nos enfants et nos biens , et que nous ne soyons plus appelés serfs, ni tenus en servage. — Je vous l'accorde, dit le roi; retirez-vous en vos maisons par villages, comme vous êtes venus , et laissez seulement après vous deux ou trois hommes de chaque lieu. Je vais tantôt faire écrire et sceller de mon sceau des lettres qu'ils emporteront avec eux, et qui vous assureront franchement tout ce que vous demandez; et je vous pardonne ce que vous avez fait jusqu'à présent ; mais que vous retourniez chacun dans vos maisons, comme je l'ai dit K » Ces gens , simples d'esprit malgré la violence de leurs actes, reçurent avec joie les paroles du jeune roi, ne songeant aucunement qu'il pût avoir envie de les tromper : ils promirent de partir séparés, et se séparèrent en effet, sortant de Londres par différents chemins. Durant tout le jour, plus de trente clercs de la chancellerie royale furent occupés à écrire et à sceller des lettres d'affranchissement et de pardon; ils les remettaient aux commissaires des insurgés , qui partaient aussitôt après les avoir reçues.

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