‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 198 sur 214 · Mémoires de Philippe de Comines, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Philippe de Comines, p

2. Anno regnovum Henrici régis Argliîe et Franciœ octavi a conquestu octavo.,. Madox, Formulare anglicanxim, p. 235.) — Daus les anciens actes français, on datait à la fois de l'ère chrétienne et de la conquête : L'an d'el incarnacion 1233^ del conquest de Engleterre centisme scxanie s?tinie.

quand ils sanctionnent ou rejettent les décisions du nss parlement, quelques mots de la vieille langue normande : (de roy le veult; le roj s'ad visera; le roj « mercie ses loyaux subjets. » Ces formules , qui semblent rattacher, après sept cents ans, la royauté d'Angleterre à son origine étrangère, n'ont cependant paru odieuses à personne depuis le seizième siècle. Il en est de même des généalogies et des titres qui font remonter l'existence de certaines familles nobles à l'invasion de Guillaume le Bâtard, et la grande propriété territoriale au partage fait h cette époque.

Aucune tradition populaire relative à la division des habitants de l'Angleterre en deux peuples ennemis , et à la distinction des deux éléments dont s'est formé le langage actuel, n'existant plus, aucune passion politique ne se rattache à ces faits oubliés. Il n'y a plus de Normands ni de Saxons que dans l'histoire; et, comme ces derniers n'y jouent pas le rôle brillant, la masse des lecteurs anglais, peu versés dans les antiquités nationales, aime à se faire illusion sur son origine, et prend les soixante mille compagnons de Guillaume le Conquérant pour les ancêtres communs de tous les habitants de l'Angleterre. Ainsi un boutiquier de Londres et un fermier de l'Yorkshire disent : « Nos aïeux normands, » comme feraient un Percy, un Darcy, un Bagot ou un Byron. Le- noms normands, poitevins ou gascons ne sont plus exclusivement, comme au quatorzième siècle, le signe du rang, delà puissance et de la grande proprii té, et il serait déraisonnable d'appliquer au temps présent les anciens vers cités à l'épi^

'<8j graphe de cet ouvrage. Cependant un fait certain et facile à vérifier, c'est que sur un nombre égal de noms de famille pris d'un côté dans la classe des nobles et de ceux qu'on appelle en anglais conntry' squire et gentlemen-born, et de l'autre dans celle de& marchands, artisans et gens de la campagne, les noms à physionomie française se trouvent chez les premiers dans une proportion beaucoup plus grande. Voilà tout ce qu'on remarque aujourd'hui de l'ancienne séparation des races, et avec quelle restriction peuvent être reproduites les paroles du vieux chroniqueur de Glocester :

« Des Normands descendent les hauts personnages « de ce pays, et les hommes de basse condition sont « fils des Saxons. »

f;îî de l'histoire de la cokquête de l'akgleterfe

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