‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 32 sur 214 · Voyez plus haut^ livre x · texte numérisé non relu

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3. Guilielmus de Longo Campo, ex pago belvacensi oriundns. (Roger, de Hoved., Aimai. ^ pars, poster., apud Rer. anglic. ScripL, p. 680. éd. Savile.)

1190 fr^^Jj son frère naturel, de ne mettre le pied en An- 1 "91 gieterre que trois ans après son départ, parce qu'il espérait être de retour avant ce terme *.

Le chancelier Guillaume de Longchamp, maître de toute la puissance royale, en usa pour s'enrichir, lui et sa famille ; il plaça ses parents et ses amis de naissance étrangère dans tous les postes de profit et d'honneur ; il leur donna la garde des châteaux et des villes, qu'il ôtait, sous différents prétextes, aux hommes de race normande, faisant peser sur ces derniers, aussi bien que sur les Anglais, des exactions insupportables ^ Les auteurs du temps disent que, grâce à ses rapines, pas un chevalier ne pouvait garder son baudrier plaqué d'argent, ni un noble son anneau d'or, ni une femme son collier, ni un juif ses marchandises ^. 11 affectait de prendre les manières d'un souverain , et scellait les actes publics de son propre sceau, au lieu du sceau d'Angleterre * ; une garde nombreuse était postée autour de son hôtel ; partout où il allait, mille chevaux et plus l'accompagnaient, et s'il requérait son gîte dans quelque maison, trois années de revenu ne suffisaient pas à réparer la dépense que lui et sa suite y avaient causée

1. Roger, de Hoved. i4n»mi., pars posterior^ apiid i?er. anglic. Script., p. 701, éd. Savile.

2. Clericis vero et laicis^ ecclesias, prœdia, terras et possessiones suas abstulit quse aut nepotibus suis... erogabat, aut damnabiliter sibi retinebat. (Ibid., p. 680.)

3. Ut nec viro baltbenm argento redimitum , nec foeininse monile, nec viro nobili annulum^ vel Judieo relinquerent tliesaurum vol quidlibet pretiosi. (Matth. Paris., t. I, p. 166.)

4. Suo sigillo fecit universa... [Chron. Gervas. Cantuar.^ apud nist. aiigl. Script., t. li, col. 157B, éd. Selden.)

en un seul jour*. Il faisait venir à grands frais des >'^^ trouvères et des jongleurs de France pour chanter *'9' sur les places publiques des vers à sa louange, et l'on disait partout que le chancelier n'avait pas son pareil au monde ^.

Jean, comte de Mortain , frère du roi, homme non moins ambitieux et non moins vain que Guillaume de Longchamp, voyait avec envie cette puissance et ce faste , qu'il aurait voulu pouvoir étaler lui-même. Tous ceux qu'indignaient les exactions du chancelier, ou qui désiraient un changement politique pour tenter la fortune, formèrent un parti autour du comte, et une lutte ouverte ne tarda pas à s'établir entre les deux rivaux. Leur inimitié éclata à l'occasion d'un certain Gérard de Camville, homme de race normande, à qui le chancelier voulut ôter le gouvernement, ou, comme on disait alors, la vicomte de Lincoln, que le roi lui avait vendue à prix d'argent ^ Le chancelier, qui voulait donner cet office à l'un de ses amis, somma Gérard de lui rendre les clefs du château royal de Lincoln ; mais le vicomte résista à cet ordre, déclarant qu'il était homme lige du comte Jean, et qu'il ne rendrait son fief qu'après avoir, été jugé et condamné pour forfaiture dans la cour de son seigneur \ A ce refus, le chancelier vint.

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