‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 31 sur 214 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

treprise qu'il avait fait vœu d'achever, et laissa ses i»9i compagnons de pèlerinage se débattre seuls contre les Sarrasins ^ Richard, plus obstiné que lui, continua de tous ses efforts la tentative difficile de reconquérir la ville sainte et le bois de la vraie croix.

Pendant qu'il poursuivait, avec assez peu de fruit, i>^*' des exploits qui rendirent son nom un objet de ter- i''J' reur dans tout l'Orient, l'Angleterre était le théâtre de grands troubles causés par son absence. Ce n'était pas que les Anglais d'origine eussent entrepris de se révolter contre leurs seigneurs de race normande, mais il j avait mésintelligence entre ces derniers. A son départ pour la croisade, le roi Richard n'avait confié aucune autorité à son frère Jean, qui ne portait alors d'autre titre que celui de comte de Mortain. Fidèle à ce vieil instinct de discorde, que luimême attribuait à tous les membres de sa famille *, Richard se défiait de lui et l'aimait peu. Un homme étranger à cette famille, étranger même à l'Anjou et à la Normandie, Guillaume de Longchamp, évêque d'Élj et originaire de Beauvais ^ avait été chargé par le roi de la direction suprême des affaires, sous le titre de chancelier et de grand justicier d'Angleterre. Enfin le roi Richard avait fait jurer à Geof-

1. Turpiter peregrinatiouis sufe propositum et votum... dereliquit. (Rogei-. de Hoved. Annal., pars posterior, apud lier, amjlic. Script.,

^\ 698, éd. Savile.)

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