LIVRE XI
querauport de Wissant, il rencontra des messagers ii9i qui lui défendirent, au nom du roi, de passer la mer. Geoffroy ne tint compte de la défense, et des gens armés furent apostés pour le saisir à son débarquement*. Ayant échappé à leurs recherches, en se déguisant, il gagna un monastère de la ville de Canterbury, dont les religieux l'accueillirent et le cachèrent dans leur maison''. Mais bientôt le bruit courut qu'il s'y trouvait ; le couvent fut investi par des soldats, et l'archevêque, saisi dans l'église au moment où il venait de dire la messe , fut enfermé dans le château de la ville , sous la garde du connétable Matthieu de Clare. Cette arrestation violente fît grande rumeur par toute l'Angleterre, et le comte Jean, saisissant l'occasion, prit ouvertement le parti de son frère, et ordonna, avec menaces, au chancelier, de mettre en liberté l'archevêque. Le chancelier n'osa résister ; et alors , devenu plus audacieux, le comte de Mortain se rendit à Londres , y convoqua le grand conseil des barons et des évêques, et accusa devant eux Guillaume de Longchamp d'avoir abusé énormément du pouvoir que le roi lui avait confié *. Guillaume avait mécontenté trop de gens pour que son accusateur ne fut pas favorablement écouté. L'assemblée des barons le cita donc à comparaître devant elle ; il s'y refusa, et, rassemblant des hommes d'armes, il marcha sur Londres, de Windsor où il
1. Roger, de HoveJ. Annal., pats posterior, apud Rer. r.ngbo. Script., p. 701, éd. Savile.)