‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 38 sur 214 · Ibid., p. 704, éd. Savile · texte numérisé non relu

Ibid., p. 704, éd. Savile

1191 d'avoir fait cette remise, et l'on emprisonna ses deux frères comme otages de sa parole*. Il se retira à Canterbury ; mais, après y être demeuré quelques jours, il prit la résolution de s'enfuir, aimant mieux laisser ses frères en danger de mort que de rendre les châteaux, par la possession desquels il espérait encore recouvrer ce qu'il avait perdu*. Il sortit de la ville à pied et déguisé, ayant par-dessus ses habits d'homme une jupe de femme et une cape à larges manches, la tête couverte d'un voile d'étoffe épaisse, tenant sous le bras un ballot de toile , et à la main une aune '. Dans cet attirail, qui était celui des marchandes anglaises de l'époque, le chancelier se rendit vers la mer, et fut obligé d'attendre' quelque temps le navire où il devait s'embarquer*.

Il s'assit tranquillement sur une pierre, avec son ballot sur les genoux ; des femmes de pêcheurs qui passaient l'abordèrent en lui demandant le prix de sa toile ; mais , faute de savoir un seul mot d'atiglais, le chancelier ne répondit rien, ce qui étonna fort les acheteuses^ Elles s'éloignèrent cependant; mais d'autres femmes survinrent, aperçurent la toile, et, l'ayant touchée pour l'examiner, firent la même demande que les premières. La prétendue mar-

1. Fratres suos... obsides dédit. (Roger, de Hoved., Annal., pars posterior, apud Ber, anglic. Script., p. 702, éd. Savile.)

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