‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 46 sur 214 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

la fuite, lui offrant son meilleur chevaP; puis il «192 retourna vers son seigneur, lui dit que la nouvelle de l'arrivée du roi n'était qu'un faux bruit, qu'il ne l'avait point trouvé, mais seulement Baudouin de Béthune, un de ses compatriotes, qui revenait de pèlerinage. Le seigneur, furieux d'avoir manqué son coup, fit arrêter Baudouin, et le retint en prison ^.

Pendant ce temps, le roi Richard était en fuite sur le territoire allemand, ayant pour toute compagnie Guillaume de l'Étang, son ami intime, et un valet qui savait parler la langue teutonique, soit qu'il fût Anglais de naissance, soit que sa condition inférieure lui eût donné le goût d'apprendre la langue anglaise, alors fort ressemblante au dialecte saxon de la Germanie, et n'ayant ni mots français , ni locutions, ni constructions françaises ^. Ils voyagèrent trois jours et trois nuits sans prendre de nourriture, presque sans savoir où ils allaient, et entrèrent dans la province qu'on appelait en langue tudesque Œsterreich, c'est-à-dire pays de l'Est. Ce nom était un dernier souvenir du vieil empire des Franks, dont cette contrée avait formé jadis l'extrémité orientale *. L'Œster-reich ou l'Autriche, comme disaient les

1. Qui statim cutn lacrymis equum per optimum régi tradens... (Radulph. Coggeshalœ abbat. Chron., apud Scripf. rer. gallic. et francic, t. XVIII, p. 72.)

2. Dicit frivolum esse quod audierat de régis adventu... Baldewinum de Betun... jussit comprehendi. (Ibid.)

3. Rex cura Willelmo de Stagno, et quodam puero, qui linguam teutonicam intelligebat^ per très dies et noctes... (Ibid.)

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