‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 5 sur 214 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

iT7 lui signifièrent Tordre de partir aussitôt ou de se rétracter publiquement*. Le cardinal, sans hésiter, proclama le roi Henri II maître souverain et légitime de l'Irlande, et fulmina, au nom de l'Église, un arrêt d'excommunication contre tout indigène qui ne le reconnaîtrait point *. Les Normands furent aussi joyeux de cette sentence que leurs adversaires l'avaient été de l'approbation accordée à leur dévouement patriotique, et le légat remplit à loisir ses coffres dans toute la partie conquise de l'île ^ Ensuite il alla visiter l'armée normande qui venait d'envahir la province d'Ulster. Cette armée souffrait beaucoup du défaut de vivres, parce que, à son approche, les habitants cachaient ou brûlaient leurs provisions, ou bien les entassaient dans les églises, afin d'arrêter le pillage des étrangers par la crainte du sacrilège \ Si de pareils scrupules ne retenaient pas entièrement les soldats, ils produisaient en eux une certaine gêne morale, qui, s'ajoutant aux privations physiques, retardait les progrès de la campagne. Le chef de l'expédition, Jean de Courcy, demanda au cardinal si ceux qui combattaient pour les droits du roi He-nri ne pouvaient point, sans péché, forcer les portes des églises pour y prendre des vivres. «Dans « ce cas , répondit le Romain, les seuls coupables de « sacrilège sont les Irlandais, qui, pour soutenir leur

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