Ibid, p
194 captif vers la fin de janvier 1194'. Richard ne pouvait se diriger vers la France , ni vers la Normandie, envahie alors par les Français; et ce qu'il y avait de plus sûr pour lui, c'était de s'embarquer dans un port d'Allemagne pour aller directement en Angleterre. Mais on était dans la saison des mauvais temps; il fut obligé d'attendre plus d'un mois à . Anvers ; et pendant cet intervalle, l'Empereur fut de nouveau tenté par l'avarice ; l'espoir de doubler ses profits l'emporta sur la crainte de déplaire à des chefs moins puissants que lui, et qu'en qualité de seigneur paramont il avait mille moyens de réduire au silence ^. Il résolut donc de s'emparer une seconde fois du prisonnier qu'il avait laissé partir; mais le secret de cette trahison ne fut pas assez bien gardé, et l'un des otages restés entre les mains de l'Empereur trouva moyen d'en avertir le roi^ Richard s'embarqua aussitôt dans la galiote d'un marchand de Normandie, appelé Alain Tranchemer; et ayant ainsi échappé aux hommes d'armes envoyés pour le prendre, il aborda heureusement au port de Sandwich *.
Accueilli avec de grandes marques de joie, il trouva la majorité des comtes et des barons anglonormands fidèle et dévouée à sa cause. Peu de
1. Propter cupiditatem pecuniae quam rex Francise et cornes Johannes ei obtulerant... (Roger, de Hoved. Aiinal., pars posterior, apud Rer. anglic. Script., p. 734, éd. Savile.) — Guilielm. Neubrig. de Reb. anglic, p. 484, éd. Hearne.
2. Indultœ ei gratias, ut dicitur, imperatorem pœnituit. (Guilielm. Neubrig. de Reb. anglic, p. 484, éd. Hearne.)
3. Relaxatum ad perpetuam revocare custodiam cogitavit. (Ibid.)