LIVRE XI
nom, une partie de la Bourgogne, le Lyonnais, le ^93 Viennois et la Provence*. «Or, il faut savoir, dit un a contemporain , que ces terres, données au roi « par l'Empereur, contiennent cinq archevêchés et « trente-trois évèchés ; mais il faut savoir aussi « que ledit Empereur n'y a jamais pu exercer au- « cune autorité, et que les habitants n'ont jamais « voulu reconnaître aucun seigneur présenté par « lui ^. »
Lorsque le roi de France et le comte Jean, son allié , apprirent ce qui venait d'être résolu dans la diète impériale, ils craignirent de n'avoir pas le temps d'exécuter leur dessein avant la délivrance du roi. Ils envoyèrent donc en grande hâte des messagers à l'Empereur pour lui offrir soixante-dix mille marcs d'argent s'il voulait prolonger d'une seule année l'emprisonnement de Richard, ou, s'il l'aimait mieux, mille livres d'argent pour chaque nouveau mois de captivité, ou bien encore cent cinquante mille marcs pour que le prisonnier fût remis à la garde du roi de France et du comte \ Tenté par ces brillantes propositions, l'Empereur eut envie de manquer à sa parole , mais les membres de la diète, qui avaient juré de la tenir fidèlement, s'y opposèrent, et, usant de leur puissance, ils firent relâcher le
1. Provinciara et Vianam et Vianais et Marsiliam et Narbonam et Arle Blanc. (Roger, de Hoved. Annal. ^ pars posterior, apud Rer. anglic. Script., p. 732, éd. Savile.)
2. Et est sciendum quod supradictus imperator nunquam praedictis terris et hominibus dominari potuit, ueque ipsi aliquem dominum ad praesentationem imperatoris recipere voluerunt. (Ibid.)