‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 7 sur 214 · Hanmer's Chron. of Ireland, p · texte numérisé non relu

Hanmer's Chron. of Ireland, p

8 COiNQUÉTE DE L'ANGLETERRE

un petit nombre, et le seul lien de sujétion par lequel ils 1185 retinrent sous leur autorité cette partie de l'Irlande fut le serment de vasselage du chef qui s'était fait leur ami.

Hugues de Lacy épousa l'une des filles de ce chef, et ses compagnons de victoire, clair-seraés en quelque sorte au milieu de la population indigène, se marièrent, comme lui, à des femmes du pays ^ Soit par le penchant à l'imitation qui est naturel aux hommes, soit par politique et pour exciter moins de haine , ils quittèrent peu à peu les modes et les manières normandes pour celles des Irlandais, ne donnant point de festin sans qu'il y eût un joueur de harpe, et préférant la musique et la poésie aux tournois et aux joutes guerrières*. Ce changement de mœurs déplaisait singulièrement aux barons établis dans les provinces du midi et de l'est, où les indigènes , réduits en servitude et méprisés de leurs seigneurs, ne pouvaient inspirer à ceux-ci aucune envie de les imiter. Ils traitaient de dégénérés et de mésalliés ceux qui adoptaient les usages ou épousaient des femmes du pays, et les fils nés de ces mariages étaient regardés comme très-inférieurs en noblesse aux hommes de pure race normande. Bien plus, on se défiait d'eux; on craignait que le lien de parenté ne les attachât quelque jour à la cause du peuple vaincu ; ce qui pourtant n'arriva que bien des siècles après.

D'un autre côté, le roi d'Angleterre redoutait la puissance des seigneurs établis en Irlande, et s'alar-

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