‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 78 sur 214 · Que no meteron elmes en testa. (Ibid., p · texte numérisé non relu

Que no meteron elmes en testa. (Ibid., p

,,95 paix *. Le roi d'Angleterre était déjà en pleine mar- ,166 che, quand les prélats et les moines vinrent à sa rencontre, portant des croix entre leurs bras, pleurant, et le conjurant d'avoir pitié de tant de braves gens qui , des deux côtés, devaient périr s'il y avait bataille ^. Ils promirent de lui faire tout accorder par le roi de France, et d'obtenir que ce dernier se retirât immédiatement sur son propre territoire. La paix fut faite ; les deux rois se jurèrent une trêve de dix ans et donnèrent congé à leurs troupes, ne voulant pjus s'occuper d'armes, dit le vieux récit, mais seulement de chasse, de jeux, et de faire tort à leurs hommes '.

Le tort que le roi Philippe pouvait faire à ses Français était peu de chose en comparaison de celui que Richard fit alors aux Aquitains, et surtout à ceux qui s'étaient révoltés contre lui. « Cette paix les « affligea beaucoup, dit le même narrateur, et surce tout Bertrand de Born, qui en fut plus chagrin « qu'aucun autre : car il ne se plaisait en rien plus qu'en guerre, et surtout en la guerre des deux rois *. » Il eut de nouveau recours à ses moyens ordinaires, à des satires mordantes contre le plus irritable des deux rivaux. Il fit circuler des pièces de vers où il

1. El fon avilitz et espaventatz. (Raynouard, Choix des poésies des troubadours, t. V, p, 93.)

2. Et li saint home vengron ab las crotz en bratz encontra lo rei Richart, plorant qu'el agues pietat de tanta bona gen... que tuit eron a morir. (Ibid.)

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