LIVRE XI
ments capables de terminer la guerre *. Le roi Phi- 1195 lippe se montrait le plus difficile à persuader, et le >'9g plus exigeant dans ses demandes ; il voulait se battre, à moins que Richard ne lui fît serment de vasselage pour la Normandie, la Guyenne et le Poitou. Ce fut son dernier mot : et dès qu'il l'eut prononcé, Richard monta à cheval, mit le heaume en tête, fit avancer ses gens , sonner les trompettes et déployer sa bannière pour passer l'eau ^. « Or, toute « cette confiance lui venait, dit un vieux récit en « langue provençale , de ce que les Champenois lui « avaient promis secrètement de ne point venir à « rencontre des siens, à cause de la grande quantité « à*esterlings qu'il avait semés parmi eux ^. »
De leur côté, le roi Philippe et tous ses gens montèrent à cheval et prirent leurs armes, à l'exception des Champenois , qui ne mirent point le heaume en tête*. C'était le signe de leur défection, et le roi de France, qui ne s'y attendait pas, en fut effrayé. Cet effroi changea toutes ses dispositions ; et, , faisant mander aussitôt les évêques et les gens de religion qui l'avaient auparavant sollicité en vain, il les pria d'aller auprès de Richard lui dire qu'il le déclarerait quitte de tout vasselage , s'il voulait conclure la
1. Mas arcivesque et evesque et abat et home d'orde que cercavan patz eran en miecli que defendian que la batailla non era. (Raynouard, Choix des poésies des troubadours, t. V, p. 92.)
2. Si montet en destrer, et mes l'elm en la testa e fai sonar las trombas e fai deserrar os si eus confanos encontra l'aiga per passar outra. (Ibid.)
3. Per la gran cantitat dels esterlins que avia semenatz entre lor. (Ibid.)