‹ Histoire de la conquete de l'Angleterre par les Normands (volume 2)Chapitre 83 sur 214 · Voyez plus haut, livre I, t. I · texte numérisé non relu

Voyez plus haut, livre I, t. I

2. Lo dalfins d'Alverne. (Raynouard, Choix des -poésies des troubadours, t. V, p. 124.)

M95 du roi de France, Richard, lassé de la guerre, et 1196 voulant faire une trêve plus durable que la précédente, proposa à son rival d'échanger avec lui la suzeraineté de l'Auvergne contre d'autres avantages politiques \ Cette proposition fut acceptée, et le roi d'Angleterre s'engagea envers l'autre roi à garantir la cession qu'il lui faisait, c'est-à-dire à lui prêter main -forte contre le mécontentement des hommes du pays. Ce mécontentement ne tarda pas à se faire sentir; car les Auvergnats ne voulaient point du roi de France pour suzerain, d'abord parce qu'ils n'avaient jamais eu de pareilles relations avec lui; ensuite, dit un ancien récit , parce qu'il était avare, de mauvaise seigneurie, et leur trop proche voisin 2. Dès qu'il eut envoyé ses officiers recevoir l'hommage du comte d'Auvergne, qui n'osa le refuser d'abord, son premier soin fut d'acheter dans le pays un des plus forts châteaux pour y mettre garnison ; et peu après, sous de légers prétextes, il enleva au comte la ville d'Issoire, préparant ainsi les voies pour la conquête de tout le pays, conquête qu'il espérait achever sans guerre ^.

Richard s'aperçut des projets du roi de France; mais il ne fit rien pour les arrêter, prévoyant que l'Auvergne se lasserait un jour, et comptant sur la haine nationale que le nouveau seigneur accumulait, non-seulement pour y reprendre la seigneurie, mais

1. Raynouard, Choix des poésies des troubadours, t. V, p. 431.

2. Per so qu'el reis de Fransa lor era trop vezis... e de mala seiugnoria. (Ibid.)

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