LIVRE XI
pour en tirer des secours dans la première guerre ^^^'^ qu'il entreprendrait contre son rival d'ambition. En "^^ effet, dès qu'il jugea à propos de rompre la trêve, il envoya dire au dauphin : « Je sais les grands torts « que vous fait le roi de France , à vous et à vos «terres; et si vous voulez, en vous révoltant, me « prêter secours, je vous soutiendrai, et vous douce nerai des chevaliers, des arbalétriers et de l'argent « à souhaita » Le comte d'Auvergne, croyant à ces promesses, proclama dans son pays le ban de l'insurrection nationale , et commença la guerre contre le roi Philippe-. Mais dès que Richard vit la lutte engagée, il fît aux Auvergnats ce que Louis^ père de Philippe, avait fait aux Poitevins : il prit de nouveau trêve avec le roi de France, et passa en Angleterre, sans s'inquiéter nullement de ce qui adviendrait du dauphin et du pays d'Auvergne. L'armée de France entra dans ce pays, et, comme s'exprime l'ancienne chronique, mit tout à feu et à flamme, s'emparant des villes fortes et des meilleurs châteaux ^ Incapable de résister seul à un ennemi si puissant, le dauphin conclut une suspension d'armes, durant laquelle il envoya son cousin, le comte Gui, et dix de . ses chevaliers en Angleterre, afin de rappeler au roi Richard les promesses qu'il avait faites. Richard accueillit mal le comte et ses compagnons, et les laissa
1. Se il li volion valer e revelar se contra '1 rei de Fransa, e'I lor davia cavaliers et balestiers et deniers a lor comandamen. (Raynouard, Choix des poésies des troubadours, t. IV, p. 431.)